Louis de Vivonne, baron de la Chasteigneraie
i3. Jouy, peut-être celui dont parle Tallemant (tome IV, p. aoi) ; c'était un officier qui ne savait pas lire.
LETTRES A PEIRESC. iSg
le baron de Sainte-Suzanne; il n'y eut que les hiboux qui baillassent des vers".
6a. — De Paris, ce la* de février'. •
Monsieur, si je ne vous écris autre chose, au moins vous écrirai-je que je n-ai point de nouvelles : nous en sommes fort à sec. Ce matin il y a eu un peu de bruit de guerre; mais nous en avons déjà vu naître et mourir tant de semblables, que jusques à ce quej'yvoye quelque chose d'extraordinaire , je ne prendrai point Talarme. L'on tient ici que le Turc a rompu la trêve avec l'Empereur : si cela est, le Roi aura beau jeu pour faire quelque chose digne de son courage et de sa bonne fortune. Il ne tiendra pas à M. des Diguicres que Milan ne soit à nous : il donne de grandes espérances à Sa Majesté du bon succès de cette entreprise, et s'assure que s'il a vingt mille hommes de pied et deux mille chevaux payés, il fera de grands services, et que quand M. de Savoie se voudroit dédire, il conservera ce qu'il aura pris, en dépit de tout le monde, pource qu'il fait compte de prendre pied à pied et ne rien laisser derrière. 11 a ce matin prié le Roi de lui bailler M. de Mesplez', ce que le Roi lui a accordé. Adieu, Monsieur : vous aurez bientôt M. de Valavez, qui vous en dira davantage. Aimez toujours votre plus humble serviteur,
Malherbe.
i4- Ordinairement, les personnages du ballet distribuaient à l'assistance les vers qu'ils devaient réciter.
Lettre 6a. — i. La copie Fortia et l'édition de Biaise datent cette lettre du la. Le bord de l'autograpbe, où était le chiffre de la date, est arraché, et il n'y a point de cote de Peiresc.
a. Anchot de Mesplez, gouverneur de Berre en Provence.
Monsieur le Prince a demandé à Léopold' le commandement de mille* chevaux : je ne sais pas quelle réponse il en a eue; mais cela montre que ce que l'on dit est véritable, que TArchiduc voudroit qu'il fût hors de ses terres, et qu'il ne veut point se mettre mal avec le Roi.
Mlle de Chemilly (je lui rends son premier nom) a pris logis dans le cloître de Notre-Dame pour y être plus sûrement; M. de Soubise*, et peut-être quelque autre, la tient en alarme , encore que je croye que personne ne pense à une recherche si violente. On croit que ce sera pour M. le duc de Raiz'; et de fait, le Roi, ayant été prié par quelques autres de parler pour eux, leur a répondu qu'il étoit engagé à cettui-là. Je pensois n'avoir rien à vous dire, mais enfin ma mémoire m'a fourni ces trois ou quatre nigeries. Adieu, Monsieur; vous aurez mieux une autre fois.
Vous m'avez vu , ce me semble , quelques couplets d'une méchante chanson' que j'avois commencé à faire sur un air que m'avoit baillé M. le marquis d'Oraison '. A cette heure que je l'ai achevée, je vous prie. Monsieur, me faire ce bien de prier Monsieur le marquis , de votre part et de la mienne, de vous en donner l'air et me l'envoyer par le premier, et tout aussitôt je vous envoyerai
3. L'archiduc Léopold d'Autriche, évêque de Strasbourg et de Passaw, commandait les troupes de l'Empereur dans le duché de Juliers. Voyez le Mercure françoisy année 1609, p. 387 et suivantes.
4. L'autographe a ici trois zéros; le commencement du nombre est arraché ; la copie Fortia et l'édition de Biaise donnent mille.
5. Benjamin de Rohan, seigneur de Soubise, qui joua un grand rôle dans les guerres de religion sous Louis XIII. Il mourut en i64i.
6. Henri de Gondi, duc de Retz, né en iSgo, épousa, en effet, le i5 mai 16 10, la comtesse de Chemillé. Il mourut le 12 août lôSg.
7. Il ne reste que le premier couplet de cette chanson. — Voyez tome I, p. i6a.