Le manuscrit porte feit, ce qui est évidemment une faute
3. René Potier, comte, puis duc de Tresmes et de GesATCs, mort en 1670,3 quatre-vingt-onze ans. — Son fils, Louis Potier, marquis
LETTRES A PEIRESC. i37
ladon si superbe, que l'on dit qu'il ne s'en fit jamais de semblable.
Nous n'attendons plus rien d'importance pour ce carêmeprenant que le ballet de Monseigneur le Dauphin.
M. d'Espernon est arrivé cejourd'hui 6« de février, sur les deux heures après midi, et est ailé droit trouver le Roi sans entrer chez lui.
On avoit parlé du mariage de Mlle de Rohan avec le comte de Brissac; mais on tient qu'il ne s'en fera rien.
Le baron de Benac*, qui avoit été rencontré^ il y a quelque temps par M. de Balagny, blessé et poursuivi, pource que Balagny se devoit être vanté qu'il lui avoit donné la vie, a présente requête à Monsieur le connétable, à Messieurs les maréchaux de France, par laquelle il raconte le fait, et dit que en ce que Balagny se vante de lui avoir donné la vie, il dit qu'il a menti comme un traître, et demande le combat. Cette requête a ce matin été signifiée par un sergent à M. de Balagny, par commandement de Messieurs les maréchaux ; je ne sais quelle réponse il a faite. Il y en a qui croyent qu'ils se battent ; pour moi, je ne crois pas que cela soit.
Des nouvelles de Flandres, il ne se dit rien de certain.
Il a couru un bruit que le traité de mariage d'entre le prince de Piémont et Madame étoit rompu, et que le duc de Savoie avoit repris le parti d'Espagne ; le Roi s'en est fort offensé , et a dit tout haut que s'il sait quelqu'un qui tienne ce langage, il l'envoyera à la Bastille. Mme de Montmorency, je l'appelle encore ainsi', fut assignée, il y a quatre ou cinq jours, pour venir voir déclarer nul son mariage avec M. de Montmorency; elle n'y met point d'empêchement.
de GfSTres, fut tué au siège de Thionrille, le 6 août i643, à trentetrois ans.
4. Philippe de Montant, baron, puis marquis de Benac, duc de Na vailles et pair de France (i65o) , mort en i654- U fut le père du duc de Navailles, maréchal de France.
3. C'est-à-dire qui avait eu une rencontre avec Balagny, par qui il avait été blessé et poiu^uivi.
fi. La comtesse de Chemillé. Voyez plus haut, lettre 6o, p. i33, note 3. ^
i38 LETTRES A PEIRESC.
Les danseurs du ballet' entroient de cette façon quatre à quatre : les quatre premiers étoient M. de Vendôme et le comte de Cremail', qui alloient ensemble en forme de tours. M. de Termes et la Ferté^, petit-fils de M. le maréchal de Fervaques, en forme de femmes de grandeur colossale, suivoient après.
Des autres quatre, les deux premiers dansoient sous la forme de deux grands pots à fleurs, et les deux derniers sous la forme de chats-huants au hiboux : les pots étoient le baron de Sainte-Suzanne, etc.***; les chats-huants étoient le comte de Roche-Guyon" et le baron de la Chateigneraye '*.
Des quatre derniers, les deux premiers étoient Sesy et Jouy ^^, qui étoient en formes de basses de violes, et les derniers en moulins à vent, qui étoient Monsieur le général des galères et Vinsy. .
Après qu'ils avoient dansé sous ces formes, ils se retiroient au bas de la salle ; et là sortoient de dedans ces instruments, ejt dansoient en leurs formes naturelles quatre à quatre, c'est à savoir les quatre premiers ensemble, puis les quatre seconds, et puis les quatre derniers, et puis dansoient tous ensemble ; puis se retirèrent dans leurs machines, et lors les nains sortirent.
Il ne me souvient pas qui étoit l'autre pot à fleurs avec
7. Du ballet dansé par le Dauphin et qui fut précédé d'un ballet dansé « par les galants de la cour, » dit Bassompierre.
8. Adrien de Montluc, comte de Cramail, prince de Chabanais, né en i5fi8, mort en i64fi.
9. Jacques d'Estampes, marquis de la Ferté-Imbaut, maréchal de France (i65i), était fils de Jeanne de Hautemer, dame de Mauny, fille de Guillaume de Hautemer, comte de Grancey, seigneur de Fervaques, maréchal de France.
10. Peiresc, pour suppléer à Vet csetera de Malherbe, a mis en marge : duc de Rez ou Marillac.
11. François de Silly, comte de la Roche-Guyon, damoiseau de Commercy, marquis de Guercheville, mort au siège de la Rochelle, le 19 janvier 1628.