T. du Bray, qui a édité plusieurs pièces de Malherbe
LETTRES A PEIRESC. i5g
Richer l'imprimeur : il me dit qu'il n'en avoit point, et que l'auteur étoit ^en prison depuis vingt jours', pource qu'un nommé M. de Villarnoux ' et quelques autres députés de la religion' s'étoient allés plaindre de lui à M. Servin. Le libi-aire fut envoyé quérir, qui pour se garantir les mena prendre Bandole. Je ne sais ce qui en sera. Le libraire m'a dit que ce livre a été fait pour complaire à une dame à laquelle il est dédié, qui a perdu un procès contre ce Villarnoux, et s'en est voulu venger de cette façon. Je ne sais pas quel intérêt y ont ceux de la religion. Si je m'en fusse trop soucié, j'en eusse recouvert un ; mais je ne l'avois désiré que pource que je croyois qu'il en voulut encore à celui même qu'il avoit attaqué la première fois. Il y a trois ou quatre jours que M. de Fresnes*' décéda; la jeune Sagonne, qui étoit nièce de sa femme, et l'avoit servie huit ou neuf ans, en espérance d'être héritière d'une partie du bien de M. de Fresnes, comme à ce que l'on dit il lui avoit promis assez de fois, voyant que par son testament il ne lui laisse que deux mille écus, en a pris tel déplaisir qu'elle mourut deux jours après; encore non pas du tout**. On l'a trouvée fort saine , hormis quelque mal à la rate , et le cœur tout flétri. Je ne vous dis rien de la lieutenance de Roi en Provence accordée à M. le comte de Garces; vous
7. C'est de sa prison qu'il écrivit au chancelier, au sujet de deux prisonniers qui connaissaient Ravaillac, une lettre conservée au portefeuille i5 de la collection Godefroy, à l'Institut.
8. Jean de Jaucourt, seigneur de la Villamoul, gendre de du Plessis Mornay.