‹ Œuvres complètes;Chapitre 117 sur 436 · Voyez lettre 16, p. 87, note · texte numérisé non relu

Voyez lettre 16, p. 87, note

i58 LETTRES A PEIRESC.

Savoie. Le premier courrier qui viendra au Roi nous ôtera de cette incertitude. L'on croit que cette intrigue vient de M. de Nemours, qui desireroit bien être lieutenant général de l'armée. Pour les nouvelles de la guerre, vous n'en aurez point d'autres pour cette heure; et quant au couronnement, il se prépare toujours avec toute la diligence que l'on peut. Les boutiques du Palais sont transportées, les unes aux Augustins, les autres dans la cour du Palais, et font une rue depuis la porte du Palais qui est devant la Vieille-Draperie jusques au pied du grand degi'é ; le passage des carrosses y est condamné par un pieu qu'on a planté au milieu de la porte. L'on fait compte de marquer les logis dans la rue de Saint-Denis pour y mettre ceux de la cour ; mais le petit peuple ne le trouve pas bon, pource qu'ils font compte que cette journée leur vaille un an entier : cela ne se fera pas sans quelque peu de tumulte ; pour moi , je me règle à une pistole pour ma place à une fenêtre. L'on tient que pour* le plus tôt que ce puisse être, ce ne sauroit être devant le 20^ du mois qui vient. Le Roi dit que quatre jours après il partira pour s'en aller à l'armée. M. le marquis de Rosny, qui est, comme vous savez, reçu à la survivance de M. de Sully en l'état de grand maître de l'artillerie, s'y en va accompagné de tout ce qu'il y a de galants hommes en France pour ce métier, que lui a baillés M. de Sully. Je vous dirois ce qui se prépare pour le couronnement ; mais il vaut mieux attendre qu'il soit fait pour en parler plus assurément. Je vous avois mandé que je vous envoyerois un livre nouvellement fait par Bandole ; pour y satisfaire, je fus, il y a huit ou dix jours, au Palais, le demander à son libraire, qui étoit du Bray*, et

Page 1