‹ Œuvres complètes;Chapitre 120 sur 436 · A Pans, ce jeudi, 6* de mai · texte numérisé non relu

A Pans, ce jeudi, 6* de mai

Monsieur, je loue Dieu de l'heureux succès de vos affaires à Montpellier, et vous remercie de l'avis que vous m'en avez donné * : vous m'avez en cela, comme vous faites en toutes choses, témoigné que vous m'aimez; mais pour cela je ne m'en mettrai pas davantage sur les belles paroles, vos honnêtetés précédentes m'en ont épuisé. Je m'en vais, selon ma coutume, recourir aux nouvelles ; je commencerai par les fâcheuses, qui sont celles de la guerre, et finirai par celles du couronnement, de l'entrée, et autres de semblable nature. Nous avons ici, depuis trois ou quatre jours, un courrier du Piémont, qui dit que M. de Savoie est très-humble serviteur de Sa

Lettre 69. — i. D s'agit probablement du gain d'un procès dont, dans une lettre écrite de Montpellier le i5 février 1606, Peiresc parle ainsi à Scaliger : « J'étois fort occupé pour un fâcheux procès que nous avons ici qui est sur le point d'être jugé, lequel nous va de cinquante et tant de mille francs qu'on demande à notre maison. » {Épistres françaises des personnages illustres à M. J. J. de la Scala, p. 139.)

, LETTRES A PEIRESC. i6i

Majesté, et qu'il se remet entièrement à lui de la résolution de cette gnerrre : on n'en publie que cela ; mais on attend dans deux jours M. de Créquy et M. de Bullion', qui en doivent dire davantage. Quoi qu'il soit, deux des maistres de camp qui sont destinés pour servir en ces quartiers-là sont ici, toujours attendant coounandement de Sa Majesté de lever leurs troupes, et n'en reçoivent point : je crois qu'elle attend que M. de Bullion soit venu, pour se résoudre suivant ce qu'Q rapportera. Pour la guerre de Flandres, elle continue fort et ferme avec une dépense extrême; et particulièrement celle de l'artillerie, de qui l'équipage est le plus beau qui fut jamais, se monte, à ce que l'on dit, à cinq mille écus par jour ; car les chevaux seuls, qui sont six mille, se montent, à raison de vingt-cinq sous les uns et quarante sous les autres (parce qu'il y a deux sortes de marchés, le vieil et le nouveau), à trois mille écus par jom*. Il se fait une levée nouvelle de Suisses, qu'ils appellent aventuriers, pource qu'ils ne sont point de ceux que les Cantons doivent par leur ti"aité , mais doivent servir aux assauts , escarmouches, et généralement en toute sorte d'occasions , ce que ne font pas les autres. Nous avons nouvelles de Bourgogne qu'en la levée des six mille, il s'en est trouvé en la montre, à Saint-Jean-de-Laune*, plus de deux mille d'avantage*, qui sont gens volontaires qui viennent pour apprendre le métier. On fait compte, outre cela, d'environ quinze mille hommes de pied françois ; et pour la cavalerie, il y aura trois mille chevaux payés, c'est-à-

2. Qaude de Bullion, marquis de GaUardon, seigneur de Bonelles, conseiller au parlement de Pari» (iSgg), maître des requêtes (i6o5), surintendant des finances (i63a), président à mortier (i636), mort le îa décembre i64o.

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