D'avantage, en outre, en surplus
Malherbe, in li
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- dire des gendarmes et chevaux légers, qui sont entretenus en temps de paix comme des compagnies du Roi, delà Reine, Monsieur le Dauphin et autres ; cinq cents carabins, dont M. de Gié, frère de Madame la marquise, a le commandement; et puis la cornette blanche, qui se montera à plus de quinze ou dix-huit cents chevaux. Les Etats fournissent douze mille hommes de pied, savoir quatre mille François, quatre mille Anglois, et quatre mille Hollandois, et qumze cents chevaux. Les Allemands de notre parti baillent vingt-cinq mille hommes de pied et quatre mille chevaux. Spinola se trouvera entre eux et nous ; son armée est de quinze à seize mille hommes de pied, deux mille chevaux, et ce qui viendra de la part de l'Empereur. L'ambassadeur de l'Archiduc dit hier à quelqu'un, de qui je le tiens, que son maître avoit retenu Madame la Princesse, pour obliger le Roi et Monsieur le connétable , qui l'avoient prié d'empêcher qu'elle n'allât en Espagne, où son mari la vouloit envoyer, et que pour la retenir, il avoit promis à Monsieur le Prince de la lui garder, de sorte qu'il n'y avoit point d'apparence qu'il la renvoyât, et encore moins lui étant demandée avec menaces de lui faire la guerre, s'il ne la rend. Il ajouta à cela qu'il se lève, outre l'armée de Flandres, une armée en Espagne et une autre® en Italie, qui seront sur pied dans un mois ; je ne sais ce qui en sera. Il vient un légat de la part du Pape, que Ton dit devoir être ici dans huit ou dix jours. Le Roi* fait dépêcher le plus que l'on peut, afin qu'il soit déjà en l'armée quand il arrivera. Je pense qu'il accommodera ces affaires par la dissolution du mariage de Monsieur le Prince, à quoi tout semble assez
5. Malherbe a écrit par inadvertance : en foutre, potir une autre.
6. Malherhe avait d'abord réuni les deux phrases et écrit ; a de sorte que le Roi, etc. »
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disposé. On parle de le remarier à Mme de Montpensier;
je dis qu'on en parle, mais je n'en assure rien. En voilà trop sur cette matière; il faut sortir du sérieux pour pai'- 1er du délectable. Le couronnement se hâte tant que l'on peut; le Roi dit que ce sera mardi; Monsiem* le Grand, jeudi pour le plus tôt, et pour le plus tard de dimanche en huit jours : car on m'a dit aujourd'hui que M. de Rodes', suivant le dû de sa charge, ayant consulté les livres rituaux, a fait rapport qu'il faut que ce soit un jour de fête : l'entrée se fera huit ou dix jours après. On fait des diligences extrêmes, mais les apprêts sont si grands qu'ils ne se peuvent faire sans beaucoup de temps ; je ne vous en dirai rien, pource que toutes les choses * n'y sont pas du tout résolues, et se présente tous les jours quelque nouvelle difficulté. La reine Marguerite y sera, en qualité de fille de France, en même litière que Madame, Madame tenant la place d'honneur comme fille du roi régnant ; elles amont leurs manteaux à trois rangs de fleurs de lis : la reine Marguerite a demandé que le sien fût tout couvert, et sa couronne fermée , conmie retenant la qualité de reine, suivant la promesse que le Roi lui en a faite; je ne sais si elle l'obtiendra. Après les litières de la Reine et les leurs, marcheront les dames à cheval : les quatre premières sont les quatre princesses du sang, puis Mme de Vendôme, Mlle de Vendôme, Mlle du Maine, Mme la duchesse de Rohan, Mlle de Rohan, et puis le reste selon leurs qualités. Aujourd'hui il n'étoit pas encore résolu si Mme la comtesse de Soissons y seroit, pource que Monsieur son mari prétend que
7. Guillaume Pot, seigneur de Rhodes, grand maître des cérémonies de France, mort en 16 16.
8. Il y avait d'abord toutes choses; Malherbe a ajouté les, audessus Je la ligne. — Cinq lignes plus bas, et à la première ligne de la page suivante, il a substitué manteaux à robes.
- les princesses du sang doivent avoir leurs manteaux à trois rangs de fleurs de lis, et dit que si on ne le lui accorde, elle ne s'y trouvera pas ; l'on lui débat au contraire que les fleurs de lis n'appartiennent qu'aux filles de France', et qu'il ne s'est fait qu'une seule fois autrement, par des considérations qui n'ont point de lieu en cette occasion. Mlle de Rolian a eu bien de la peine à obtenir le rang qu'elle a , et enfin il lui a été accordé par gratification, et sans attribution d'aucun droit au préjudice des personnes qui y prétendent intérêt. M. de Raiz fut hier fiancé avec Mlle de Chemilly, où étoit toute la cour, hormis M. de Montmorency*". Samedi se doivent faire les noces. M. d'Aiguillon est malade à Soissons. M. du Maine a obtenu du Roi que M. d'Elbeuf ** fera sa charge de grand chambellan. Je suis au bout de monrôlet, aussi est-il temps de finir cet ennuyeux discours. Dieu veuille que la première nouvelle que vous aurez de moi soit que Monsieur le légat ait avancé quelque chose! Les poltrons comme moi ont besoin de la paix, mais encore le plus le pauvre peuple, qui est ruiné partout où passent les troupes ; car elles font des désordres incroyables et ne respectent rien, jusques à avoir logé aux villages de M. de Sully et battu le juge de Sully, qui leur en alla faire quelque remontrance. Vous pouvez juger en quel état est la pauvre Champagne, où est le rendez-vous de l'armée. Adieu,
9. Malherbe avait d'abord écrit : « l'on lui débat au contraire que cela n'appartient qu'aux filles de France, » et trois lignes plus bas : « a eu bien de la peine à en obtenir le rang ; » qiielle a est en interligne.
10. Son premier mari. Voyez plus haut, lettre 60, p. i33, note 3.
11. Charles de Lorraine, duc d'Elbeuf, né en iSgô, mort le 5 novembre 1657. — A la ligne suivante il y avait d'abord ro//e, que Malherbe a changé en roUet, en ajoutant après coup un t.
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Monsieur : pour l'honneur de Dieu, excusez-moi pour cette fois à MM. les présidents du Vair et de la Ceppède, car je ne vois goutte de sommeil. Je suis leur très-humble serviteur et le vôtre.
Monsieur, donnez-moi congé de baiser bien humblement les mains à M. de Valavez, et de lui dire que je suis son très-humble serviteur.