Dans le manuscrit : « qui étoient différant
8. Après Joinville, les mots chevalier de Guise ont été effacés.
LETTRES A PEIRESC. «of
gnies du corps : tout cela vêtu de deuil depuis un bout jusqu'à l'autre, hormis les religieux, qui n'avoient que leurs habits, et Messieurs du parlement, quiavoient leurs robes rouges. Les rues, depuis Notre-Dame jusques à la porte, étoient tapissées de sarges noires; et devant, à chaque maison, une torche allumée ; et de toise en toise, un écusson des armes de France ou de la ville, mais elles étoient presque toutes de la ville. Cet ordre fut gardé jusques à Saint-Lazare, qui est au bout du faubourg de la porte Saint-Denis ; et les uns s'en revinrent à Paris, les autres allèrent coucher à Saint-Denis; les uns en carrosse, les autres à cheval, comme bon leur sembla. L'endemain se fit l'enterrement, que je ne vis point, pource que, hormis la cérémonie de mettre les honneurs dans la fosse, il ne s'y fit rien qui vaille la peine de prendre une mauvaise nuit, et puis on le verra dans le discours qui s'imprime.
M. le chevalier de Guise marcha comme grand chambellan, au lieu de M. d'Aiguillon, qui étoit absent, et portant l'oriflambe, bannière de France. M. le comte de Saint-Pol ' marcha comme grand maître, au lieu du comte de Soissons. M. de Termes marcha comme premier gentilhomme de la chambre.
Le Roi partit de l'hôtel de Longueville, lorsqu'il alla donner l'eau bénite au feu Roi ; son deuil en forme de sarge violette à cinq queues, dont la plus longue étoit portée par M. le prince de Conty ; les deux autres plus courtes, celle d'à main droite, par M. le comte de Soissons, et de gauche par M. de Guise ; les deux plus petites par M. de Joinville et chevalier de Guise'"; tous ces princes avoient des gentilshommes qui portoient leurs queues. Il suivoit après Monsieur, qu'on portoit avec son deuil noir, sa queue portée par M, le comte de Cur-
9. François de Longueville, comte de Saint-Paul, créé duc de Fronsac en 1608.