Malherbe avait d'abord écrit : a s'il ne vient point
5. Le Prince se rendit au sacre, et le lendemain de la cérémonie, le 18 octobre, il fut, mais seul, créé chevalier du Saint-Esprit.
ti. Malherbe avait d'abord mis résolu, au lieu de disposé.
LETTRES A PEIRESC. %og
ce qu'il ne vous écrit pas avec assez de diligence, de quoi il se justifie fort, et dit qu'il ne se passe rien de digne d'être su dont il ne vous envoyé, non pas des lettres, mais des volumes. Pour cette heure, il est malaisé que ni lui ni moi vous en écrivions, car il n'en est point: le retour de ce voyage, où il va exprès pour en apprendre, pourra apporter quelque chose. La Reine part demain ou mardi : l'entrée à Reims est jeudi, le couronnement dimanche, et la cérémonie du Saint-Esprit, c'est-à-dire de l'ordie, le lendemain. On n'avoit point encore hier résolu qui porteroit la queue du Roi au sacre : la Reine avoit donné ce commandement à M. de Créquy; M. de Biron le lui débat comme maître de la garde-robe : je ne sais pas quelles raisons il a ; M. de Créquy m'a dit les siennes, qui me semblent pertinentes. Le marquis d'Ancre, comme premier gentilhomme de la chambre, l'avoit aussi disputé; mais M. de Créquy l'emporta : je ne sais s'il en fera* de même contre M. de Biron. Monsieur le coronel * doit porter la queue le jour de la cérémonie de l'ordre, qui sera le lendemain du sacre. Je crois que si M. de Biron le perd contre M. de Créquy, il disputera contre Monsieur le coronel. Monsieur le Grand tient le rang de grand écuyer; voilà pourquoi il n'a point de part en ces brouilleries. M. de Guise n'y sera point, pource qu'au sacre de la Reine il en demeura ainsi d'accord avec M. de Nevers. L'affaire de son mariage va comme il désire. La marquise dit à M. le président Janin qu'elle diroit en présence de la Reine tout ce qu'elle lui commanderoit ' . Quand le président Janin la fut trouver, la Reine lui dit qu'd lui fit ses remontrances conmie de
Lettre 8a. — I. On peut douter s'il y a fera ou sera. a. Omano. Voyez plus haut, lettre 60, p. i34, note 8. 3. Malherbe a écrit : « tout ce qu'elle le lui commanderoit. » Maxjierbe. III 14
lui-même, mais qu'il ne la priât de rien de sa part, d'autant que c étoit une femme à qui elle ne se vouloit du tout point obliger. M. de Verneuil, à qui, le soir que le feu Roi fut tué, on avoit baillé un exempt et deux archers, n'a plus de gardes depuis le commencement de ce quartier: à la vérité la chose ne le méritoit pas; mais alors c'étoit une saison où Ton croyoit du péril partout. A cette heure. Dieu merci, tout est clair, et rien à mon avis ne se brouillera, puisque la condition de ceux qui le pourroient faire est telle qu'ils ne la sauroient avoir meilleure. Un peu après \ Anti-Coton, il vint en lumière un petit livret, qui fut publié par les rues, d'un certain miracle d'une fille de la frontière de Flandres qui avoit été vingt-cinq ou trente jours sans pisser, et qu'enfin, ayant réclamé le P. Ignace Loyola, elle avoit pissé* : ce livi-e est désavoué à cette heure par les jésuites, pource qu'ils ont vu que le peuple l'a reçu avec risée; mais l'approbation qui y est de l'évéque de Saint-Omer*, et encore d'un nommé Billaut, docteur de Sorbonne, fait croire qu'à la vérité la chose se faisoit à bon escient, si elle eût réussi : tant y a qu'en pleine assemblée de Sorbonne il a été défendu à Billaut de donner désoraiais aucune approbation sans y appeler quelqu'un des autres docteurs. Toutes ces circonstances ne justifient pas ce que disent les jésuites, que ce sont les huguenots qui ont fait imprimer ce livre pour leur faire déplaisir. 11 y a de nouveau un autre petit livret nommé le Remerciement des heurrières au P. Coton^ : je crois bien que c'est une bouffonnerie,