Le chevalier de Guise
Lettbe 85. — I. Telle est la date écrite par Malherbe : Peiresc a mis au dos 3, au lieu de i3.
rauteur même; vous en ferez le jugement^. Toutes nos brouilleries sont apaisées, grâces à Dieu ; je ne sais si ce sera pour longtemps. Nous sommes aussi moins en alarme de la guerre de Genève * que nous n'avons été jusques à cette heure. Ces affaires ont empêché l'état d'être fait; je crois que* ce sera pour cette semaine qui vient. La Reine m'a fort assuré de se souvenir de moi; je suis si souvent en sa présence qu'il lui sera malaisé de m'oublier. M. de Sully est de retour ' . Il y a deux jours que l'on trouva une affiche à la porte de l'Arsenac : Maison a louer pour le terme de Pâques ; il se faut adresser au marquis d' Ancre ^ au faubourg Saint-Germain. Vous avez su que M. le marquis d'Ancre est lieutenant de Roi en Picardie : l'on dit qu'il offre cent mille écus à M. deTrigny* de la citadelle d'Amiens; le reste, vous l'apprendrez de M. de Vala vez, ou des lettres de M. de Saint-Ganat à Monsieur le premier président. Sa diligence exacte me soulagera de ce côté-là, et pour cette fois vous m'excuserez à lui si je ne lui écris ; car le messager part, à ce qu'il dit, présentement. Je suis son trés-humble serviteur et le vôtre : continuez-moi vos bonnes grâces et me conservez les siennes. Mme la comtesse de Sault est [dans] un état qui fait douter que sa vie ne soit pas longue.
Malherbe.
2. Malherbe nomme plus loin (lettre 91) l'auteur, qu'il appelle de Ryon. C'est peut-être celui qui, à la mort de Concini, publia un Avertissement à M. de Luynes.
3. Le duc de Savoie avait rassemblé des troupes pour attaquer Genève ; mais les menaces de la France le forcèrent de renoncer à son entreprise.
4. Entre que et ce sera l'autographe porte les mots : « au plus tard, a effacés.
5. Il avait quitté Paris après avoir remis à la Reine sa démission de gouverneur de la Bastille et de surintendant des finances.
6. Fran«jois de l'Isle, seigneur de Trigny (ou Traigny) et de Marivaux, gouverneur d'Amiens, mort à la fin de 161 1.
2i8 LETTRES A PEIRESC.
M. de Gordes est capitaine des gardes du corps' ; M. de Montespan lui a baillé sa charge moyennant soixante mille écus. Le marché fut conclu hier au soir, et ne restoit plus que le faire trouver bon à la Reine *, mais de ce côté-là il n'y a point de difficulté. Il baille vingt mille écus comptant, et pour les quarante mille écus restant, il les paye dans certain temps. M. d'Espernon lui a dit qu'il bailleroit en gage une terre à M. de Montespan, qui lui avoit coûté soixante et dix mille écus, ou bien des cautions à Paris, tant qu'il en voudroit. Il a extrêmement obligé M. de Gordes. Je dis hier au soir, en nous mettant à table, cette nouvelle à Mme la princesse de Conty , qui tout aussitôt envoya son écuyer s'en réjouir avec lui ; et comme nous fûmes retournés après souper au cabinet, elle lui dit elle-même le contentement qu'elle en avoit, et lui offrit pour vingt mille écus de pierrerie pour mettre en gage.