‹ Œuvres complètes;Chapitre 162 sur 436 · A Paris, ce 4* mars · texte numérisé non relu

A Paris, ce 4* mars

Monsieur, ce n'est plus à vous à nous demander des nouvelles, elles viennent à cette heure de vos quartiers. Je ne sais pas si je serai mauvais devin ; mais je ne crois pas que ce mouvement soit long. Nous venons d'avoir avis qu'il est parti douze mille hommes de pied et quinze cents chevaux que l'Archiduc envoyé au duc de Savoie ; il a demandé et obtenu passage par la Lorraine ; il dit que c'est pour aller assister le duc de Savoie contre ceux de Berne, pour quelques pays qu'il leur demande. L'on dit cependant * qu'ils prennent tous les vaisseaux des ri-

7. Les mots du corps ont été ajoutés au-dessus de la ligne. Letxkb 86. — I. Malherbe a ajouté cependant, en interligne.

vières qu'ils trouvent sur leur chemin, et qu'ils en veu- " lent couvrir le lac. Gela montre qu'ils en veulent à Genève : il est à croire que, s'ils ne sont empêchés, ils feront l'un et l'autre. Monsieur le Grand s'en va en Bresse, pour assister ceux de Genève. On ne fait point de nouvelles troupes, on se sert de celles qui sont sur les lieux ; il est vrai que s'il en est besoin , on y fera des crues ^, dont pour cet effet il porte les commissions : voilà pour ce qui est de la guerre. Pour la cour, elle est si calme qu'elle ne le fut jamais plus. Tout le bruit qui y est, c'est l'attente de l'état des pensions : je crois qu'après avoir bien écouté*, nous en sortirons demain ; je n'attends que cela pour m'en aller en Normandie, et de là faire un voyage en Provence, avec le congé de la Reine, Je voudrois qu'elle continuât sa résolution d'aller à Lyon, comme je crois qu'elle fera si la guerre dure; et en ce cas j'ai une place en la carrosse de Mme la princesse de Conty, qui me sera une commodité exceflente pour mon soulagement. J'avois oublié à vous dire que don Louis de Velasque conduit les troupes dont je vous ai parlé au commencement de cette lettre*. Je dois recevoir de l'argent dans deux jours, duquel je satisferai à ce que vous m'avez fourni; excusez cette longueur, elle ne vient pas de moi : je ne me fierai pas une autre fois si légèrement aux paroles; la première fois sera la dernière : excusez-m'en encore un coup, et ne laissez pas de m' aimer comme votre plus humble et plus affectionné serviteur,

Malherbe.

a. Crues, levées. — A la suite de ce mot il y avait d'abord et^ qui a été corrigé en dont.

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