‹ Œuvres complètes;Chapitre 163 sur 436 · De Paris, ce 5' de mars · texte numérisé non relu

De Paris, ce 5' de mars

Monsieur, je vous écrivis hier* sur les cinq heures après midi , et vous mandai que don Louis de Velasque alloit mener douze mille hommes de pied et quinze cents chevaux à M. de Savoie. Je tenois cette nouvelle de Monsieur le Premier % qui sur les deux heures , étant venu dire adieu à Monsieur le Grand , lui avoit conté qu'il étoit présent lorsque l'avis en avoit été donné à la Reine; mais le soir je fus au cabinet, où j'appris qu'il n'en étoit rien. Jugez par là quelles' mensonges on dit aux provinces, puisque l'on ment ici avec tant d'impudence. On dit bien que l'Archiduc fait quelque levée; mais quand il voudroit, il n'oseroit se dégarnir de tant de gens. Pour les autres nouvelles, il ne se dit rien en ce lieu-là que du bon accueil qu'avoit reçu M. le maréchal de Laverdin en Angleterre. Il en faisoit lui-même les contes à la Reine, qui lui faisoit la guerre de ce qu'il lui avoit apporté des bas de soie incarnats' , jaunes et bleus , le voulant taxer d'avoir mal choisi les couleurs propres à sa condition

5. Nicolas Verdun, premier président au parlement de Toulouse, puis au parlement de Paris, mort le 17 mars 1637. Voyez tome I, pièce xcvni, p. 268, les stances que Malherbe lui adressa sur la mort de sa femme.

Lettre 87. — i- Malherbe avait mis d'abord : « Je vous ai écrit sur les, etc.... et vous ai mandé, » puis il a ajouté hier au-dessus de la ligne, et remplacé les passés indéfinis ai écrit, ai mandé, par les passés définis écrivis, mandai,

1. Le premier écuyer. Voyez plus haut, lettre 71, p. i(i8, note 8.

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