‹ Œuvres complètes;Chapitre 177 sur 436 · De Paris, ce 29* de mai · texte numérisé non relu

De Paris, ce 29* de mai

Monsieur, il n'est pas possible que je fasse un paquet pour la Provence qu'il n'y ait une lettre pour vous. Je n'ai rien à vous dire; mais je veux que vous voyiez * que je me souviens de ceux qui m'aiment, comme par efifet je vois que vous faites. La sécheresse n'est pas seulement sur les fruits, elle est aussi sur les nouvelles. MM. de Boissize * et Bullion s'en vont de la part de la Reine à l'assemblée de Saumur. Le roi d'Angleterre a assuré Sa Majesté que si ceux de la religion brouillent et demandent plus que ne leur avoit accordé le feu Roi , ils l'auront pour ennemi : je ne crois pas qu'ils y soient disposés. M. de Ghàtillon * y est allé depuis deux ou trois jours, et a fait porter force lances de bague ; s'il étoit saison de ballets, je crois qu'ils en feroient, tant les choses sont en bon état. Je n'ai rien ouï depuis de l'homme du livre* ; et quant aux placards, je ne pense point qu'il s'en soit trouvé qu'en deux lieux qui sont du côté de l'Université. Le bruit avoit couru qu'il y en avoit eu sept ou huit cents

II. Voyez plus haut, lettre 85, p. 216, a 17, et note 2. Lettre 92. — i. Dans le manuscrit : « que vous çojrez. » 3. Jean de Thumery de Boissise, conseiller d'Etat, ambassadeur en Angleterre (iSgg), puis près les princes protestants d'Allemagne (1610).

3. Gaspard de Coligny, seigneur de Châtillon-sur-Loing, colonelgénéral des gens de pied (1614), gouverneur d'Aigues-Mortes, maréchal de France (1622), mort le 4 janvier 1646.

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