Ici Malherbe a écrit sumissiom
Lettre gS. — i. Jacques de Pons, marquis de la Caze. Il joua
de Courtaumer^ parlèrent l'un après T autre, et dirent fort peu de chose. La Reine répliqua cinq ou six mots à chacun d'eux ; mais, sans mentir, tout cela fut si bas, qu'encore que je touchasse le baron de Courtaumer, je n'en pouvois rien entendre qu'à bâtons rompus : bien ouïs-je que la Reine dit au ministre Ferrier * qu'il s'avançât, ce qu'il fit, entre les sieurs de la Case et de Courtaumer, demeurant un peu derrière, et lors il parla, non éloquemment, mais assez bien pourtant, et si intelligiblement que je n'en perdis pas un mot. La substance de ce qu'il dit fut que ceux de sa religion n'avoient jamais eu autre intention que de très-humbles et très-obéissants sujets de Leurs Majestés; qu'en l'année 1607, en leur assemblée de Châtellerault, le feu Roi avoit trouvé bon qu'ils reconnussent Monsieur le Dauphin légitime successeur de la couronne, et qu'à cet exemple, en celle-ci de Saumur, après le serment de fidélité fait au service du Roi, ils en avoient fait un autre pour la régence de la Reine, et que pour l'un et pour l'autre ils exposeroient leurs vies quand l'occasion s'en présenteroit; qu'on avoit voulu donner de mauvaises impressions d'eux à Sa Majesté, à quoi ils la supplioient très-humblement de n'ajouter point de foi; que tout ce qu'ils avoient mis en leurs articles n'étoit que cela même que le feu Roi leur avoit accordé en ses édits, et que ce peu qui y étoit de plus étoient des grâces* qu'avec toute submission et révérence ils re-
un grand rôle dans les assemblées des protestants à la fin du seizième siècle et au dix-septième.
a . Jean- Antoine de Saint-Simon, baron, puis marquis de Courtomer, tué au siège de Bois-le-Duc le i^r septembre 1629.
3. Jérémie Ferrier, célèbre ministre calviniste, né à Nîmes, dans la deuxième moitié du seizième siècle, mort à Paris en i6a6. Vendu à la cour, il fut excommunié (161 3) par le synode provincial du Languedoc, et ne tarda pas à abjurer le calvinisme.
4. Malherbe avait d'abord écrit : a n'étoit que des grâces. }
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quéroient de Sa Majesté; et qu'étant l'image de Dieu, ils avoient cru qu'elle feroit comme lui, qui ne s'ofFense jamais d'être prié : ce sont les propres termes par lesquels il finit. Tout cela ne fut pas prononcé tout d'une suite, mais à trois reprises : à la première, la Reine répondit qu'elle vouloit croire que ce qu'ils disoient seroit véritable, et qu'autant de fois que le feu Roi lui en avoit parlé, il l'avoit toujours assurée qu'ils ne feroient jamais rien contre son Etat ; l'autre réplique fiit sur ce mot d'insolence, où elle leur dit au'avec l'insolence il ne falloit rien espérer d'elle , et que quand on montreroit désirer sa bonne grâce, elle ne refuseroit chose qui fût raisonnable ; la conclusion fut qu'ils seroient expédiés le mardi ensuivant. Depuis les choses ont été résolues; car mardi après dîner je me trouvois au cabinet, où il n'y avoit que Mme de Guise et Mme de Sourdy *; la Reine, sortant de l'entre-sol, s'en vint avec une face riante vers Mme de Guise, à qui elle dit que désormais elle ne se lèveroit plus si matin comme elle avoit fait depuis quelque temps, et que l'affaire de Saumur étoit résolue. Mme de Guise lui fit là-dessus plusieurs questions, mais c'étoit en se promenant, tellement que je n'en entendois que fort peu de chose. A une heure de là, M. de Nevers étant venu au cabinet, pource que j'avois ouï de la Reine qu'il avoit été des opinants en ce conseil, je lui en demandai des nouvelles ; il me dit que ceux de la religion avoient leurs villes de sûreté encore pour cinq ans, que par-dessus ce qu'ils tenoient on leur bailloit le Mont-de-Marsan et Tartas, qui sont deux bicoques, desquelles le fils de M. de Châteauneuf de Chalosse®, qui est demeuré huguenot, encore que
5. Charlotte de Barbesières, femme de René d'Escoubleau, seigneur de Sourdis. i
6. Probablement Charles de Pierre-Bufiière , baron de Château-
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son père se soit fait catholique, en tenoit l'une dès le temps du feu Roi, et qu'avec cela on leur bailloit quelque somme d'argent. Il survint quelqu'un là-dessus qui rompit ce propos, si bien que pour lors je n'en appris autre chose. Depuis j'ai su que la Reine leur bailloit quinze mille écus, pour l'entretènement de leurs ministres, plus qu'ils n'avoient du temps du feu Roi ; sur quoi il faut noter qu'en l'année que le feu Roi retrancha tout le monde, il retrancha aussi les ministres, et leur ôta le tiers de ce qu'il leur avoit accordé. A cette heure, ils demandoient les arrérages de ce tiers, et continuation à l'avenir : pour les arrérages, la Reine les leur refuse tout à plat, et pour l'avenir ils ont' quinze mille écus plus qu'ils n'avoient quand le Roi mourut. Avec ces conditions, tout le monde est content, et tient-on que samedi prochain ils auront leur congé. Nous avons ici tous les jours au cabinet M. de la Force', M. de Châtillon, le vidame de Chartres' et assez d'autres de la religion *°. S'il s'entreprenoit quelque chose par ceux de ce parti, ils ne se tiendroient pas parmi nous. Quant à moi, je ne sais pas ce qui en sera; mais je n'ai jamais craint tous ces remuements que l'on nous promettoit devoir naître de cette assemblée, et pense le vous avoir écrit autant de fois que je suis tombé en propos de ce sujet. La Reine s'en va lundi
neuf, qui prit une part active aux troubles de la minorité de Louis XIII. Il était fils de Charles de Pierre-Butfîère, seigneur de Châteauneuf, lieutenant général du Limousin.
7. Au lieu de ils ont, il y avait d'abord ils en sont réduits à; la fin de la phrase, depuis : « plus qu'ils n'avoient quand le Roi mourut, > a été ajoutée en interligne.
8. Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, pair et maréchal de France, mort en i653, à quatre-vingt-dix-sept ans,
9. Prégent delà Fin, qui fut vidame de Chartres de 1602 à i63o.
10. Les mots : « et assez d'autres de la rehgion, » ont été ajoutés au-dessus de la ligne.
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à Saint -Germain, où Mesdames lui préparent le plaisir d'une comédie qu'elles-mêmes doivent réciter : voilà par où nous allons recommencer** les passe-temps de la cour, qui seront en leur comble quand le Roi et Messieurs ses frères seront en âge de les goûter. Il y a quelques jours *^ que, sous couleur de rencontre fortuite, il se fit un combat sur le Pont-Neuf: le tué qui est un d'Arquy*% gentilhomme de M. le duc d'Aiguillon, a été depuis deux jours promené dans un tombereau par plusieurs endroits de la ville, et puis traîné à la voirie; le tueur, qui est un Baronville, fils de Montescot*", s'est sauvé en Angleterre, par la recommandation, à ce que l'on dit, de M. le prince de Joinville: il fera bien de s'y tenir; et par le traitement que l'on a fait au mort, jugera ce que l'on feroit au vivant s'il tomboit entre les mains de la justice. La damoiselle de Cosman ** , qui est celle qui avoit fait ces plaisantes accusations dont vous avez ouï parler, aura samedi prochain son arrêt : quel il sera, je n'en sais rien; mais les conclusions des gens du Roi sont à la mort. Nous attendons ici de voir sortir en lumière un discours de ce qui
11. Malherbe a changé commencer en recommencer y en ajoutant re en interligne.