‹ Œuvres complètes;Chapitre 188 sur 436 · Devant brave, le manuscrit porte un, effacé · texte numérisé non relu

Devant brave, le manuscrit porte un, effacé

• gentilhomme , il s'est retiré d'ici , l'on ne sait pour quoi faire : les uns tiennent qu'il veut demander le combat, les autres en jugent autrement. Le marquis de Nesle est demeuré ici avec une garde que la Reine lui a baillée : le premier président " l'a voulu faire prendre; mais la défense de Sa Majesté y est intervenue , et devant cela l'assistance de Monseigneur de Guise, qui lui a bien servi **. Il pensoit qu'hier on le vînt prendre, si bien que tous ses amis s'allèrent enfermer avec lui en son logis, et nommément M. le prince de Joinville ; mais depuis la défense de la Reine, cette rigoureuse poursuite s'est adoucie : nous verrons où la chose aboutira. Nous avons ici Mme de Rohan et Mesdamoiselles ses filles, depuis trois ou quatre jours ; jugez par là si ceux de la religion ont les âmes disposées à la paix : ce sont effets de la bonté de Dieu et de la prudence de notre grande reine. Je vous ai assez entretenu de choses qui ne le valent pas, mais pour le moins est-ce un témoignage de ma diligence. Je me réjouis de tout mon cœur de la santé de Monsieur le premier président; je ne crois point qu'il la garde comme il doit; c'est à vous qui êtes auprès de lui, et qui l'aimez chèrement, de la lui recommander. Je ne lui écris point, car je n'ai de quoi , si je ne lui voulois écrire que je suis son très-humble serviteur, et c'est chose si souventrépétée que je crois qu'il en doit être ennuyé; je réserverai donc ce devoir à quelques nouvelles qui vaudront lui être mandées : aussi bien lui ai-je écrit par M. le commandeur de la Mole , et un peu auparavant par un autre messager. Conservez -moi, s'il vous plaît, Monsieur, en ses bonnes grâces et aux vôtres; je les désire toutes deux avec passion.

Page 1