‹ Œuvres complètes;Chapitre 19 sur 436 · a Nous verrons ce qui s'ensuivra · texte numérisé non relu

a Nous verrons ce qui s'ensuivra

Lettre 7. — i. La plus grande partie de cette lettre (tout ce qui précède le post-scriptum) a été enlevée du manuscrit de la BibUothèqup; mais elle avait été copiée antérieurement dans le manuscrit Fortia, et nous pouvons ainsi rétablir les passages supprimés dans l'édition de Biaise.

LETTRES A PEIRESC. i3

M. Lombard' en avoit été le porteur, mais qu'il étoit demeuré en chemin pour quelque indisposition qui lui étoit survenue. Je ne puis sinon louer votre incomparable courtoisie; l'accoutumance fait cesser l'admiration; mais ici cette règle n'a point de lieu, car vous donnez toujours quelque nouveau lustre à vos honnêtetés, si bien que les présentes ont toujours de l'avantage sur les passées. Ma fortune m'empêche d'y répondre par effet, et pour les paroles, je vous dirai franchement et tout en un mot que je suis plus votre serviteur que je ne le voudrois être; car si je l'étois moins, je vivrois avec moins de regret de ne le vous pouvoir témoigner.

Je suis bien marri du trait que vous a joué le Gascon '. Le nom de sa nation vous devoit faire peur, et surtout cette mine plus potentielle qu'actuelle*. Je voudrois que

a. Artefeuil (L. de la Touloubre), dans son Histoire héroïque et universelle de la noblesse de Provence (ijSj-iySg, a vol. in-4**), fait mention de plusieurs personnages du nom de Lombard contempo rains de Malherbe. Nous croyons que celui dont il est question ici est André de Lombard, conseiller en la cour des comptes d'Aix, en i6o3. 11 épousa, nous ne savons à quelle époque, Marguerite de Boyer, fille de Vincent de Boyer et de Louise (ou Marie) de Coriolis, sœur de père de la femme de Malherbe.

3. Ce Gascon était un domestique attaché à la famille de Peiresc, et qui, ayant été chassé, vint à Paris auprès de celui-ci et trouva moyen de lui voler un paquet valant plus de cent écus, et contenant « les plus rares pièces antiques que Peiresc avoit pu ramasser, et entre autres la gravure du monstre marin de Scylla, et tout plein de médailles d'or qu'il estimoit plus que tout le reste de son cabinet, s Le volé envoya à Malherbe une prise de corps contre le voleur et demanda qu'on le pendît, à moins qu'il ne fût « si galant homme » de lui rendre ou faire rendre ses pièces. En ce cas , il lui pardonnait volontiers. (Bibliothèque de Carpentras, Correspondance manuscrite de Peiresc, volume H-M, f» 455, lettre du aS octobre ifio6.) Dans une lettre du le»" avril 1607, Peiresc apprend à son ami que les objets volés avaient été achetés par Vaquette, pourvoyeur de M. de Guise, et portés par lui à M. Borilly, à Aix.

4. Plus Dotentielle qu actuelle, jeu de mots qui a pu être plaisant

vous m'eussiez envoyé une pr^se de corps, afin que, si je le rencontre, j'eusse moyen de le faire loger ailleurs qu'à l'hôtel de Guise. Croyez que s'il y a moyen d'en avoir nouvelle, je l'aurai. Puisque vous avez acheté les camisoles, vous ne deviez pas me renvoyer les pistoles. S'il vous plaît, vous me manderez ce qu'elles vous ont coûté, pour vous en rembourser. Quand M, de Vergons' ou M. Lombart s'en retourneront, je vous renvoyerai le diamant et peut-être les vers * : je dis peut-être, pource que M. du Bouillon ne prend pas plaisir de voir renouveler les choses passées; toutefois, votre amitié peut tout sur moi. Je me vante bien que vous verrez d'aussi bons vers que vous en ayez jamais vu de ma façon. J'ai baillé vos lettres à M. Beys', qui vous envoyera l'imperfection que vous desirez, et je la vous ferai tenir, comme partout je serai glorieux de vous montrer que je suis votre trèshumble et très-obéissant serviteur,

Fr. de Malerbe.

Je suis logé à la rue des Petits-Champs, devant la croix, à l'image Notre-Dame.

en 1606, mais qui aujourd'hui n'est plus intelligible. « Dans l'école, dit le Dictionnaire de Trévoux , on appelle un a tout potentiel, » celui qui a sous lui les parties qui le composent, comme un genre a sous lui ses espèces, pour le distinguer du tout qu'on appelle œ tout « actuel, » qui a dans lui-même les parties qui le composent, comme un corps composé de sa matière et de sa forme. »

5. Louis-François de Rabasse, sieur de Vergons , reçu procureur général au parlement d'Aix, en 1604.

6. Il est question ici de l'ode de Malherbe : Sur P heureux succès du voyage de Sedan. Voyez tome I, pièce xxi.

7. Adrien Beys, libraire, qui a édité un certain nombre de pièces de Malherbe. — Il s'agissait , comme on le voit d'après une lettre de Peiresc , d'un livre qui lui avait été vendu incomplet.

LETTRES A PEIRESG.

Nous n'avons ici rien de nouveau. M. de Rohan' revint, il y a deux jours, de Flandres, qui ne rapporte autre chose sinon que Spinola a secouru Grosle ', que le prince Maurice*" avoit assiégée. Les Etats ont besoin ou de paix ou de secours. Vous aurez au premier jour M. le prince d'Orange avec Madame sa femme; il y a douze ou quinze jours qu'ils furent épousés, à Valéry, maison de Monseigneur le Prince, à six lieues de Fontainebleau, où il la ramena deux jours après. Le mariage est de deux cent mille francs, payables en quatre ans ; le Roi le doit faire jouir de tous ses biens qu'il a aux terres d'Espagne, et nommément de vingt-cinq mille livres de rente, sur certaines salines en la Franche-Comté; sinon, il lui baillera , par représailles, les biens que les sujets d'Espagne ont en France.

M. du Périer, avec votre congé, trouvera ici une trèsaffectionnée prière que je lui fais de m'aimer toujours ; mais que les Muses ralliées soient imprimées**, je me souviendrai de ce que je lui ai promis, et lui écrirai. Cependant qu'il s'assure que je suis son très-humble et trèsobligé serviteur.

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