‹ Œuvres complètes;Chapitre 201 sur 436 · A PEIBESC · texte numérisé non relu

A PEIBESC

A Paris, ce aa* de novembre.

Monsieur, depuis votre parlement, je n'ai point de vos nouvelles : vous m'obligerez de m'en donner ; et en revanche je vous ferai part des nôtres, cela s'appelle quand nous en aurons, car à cette heure nous sommes à sec. Tous ces nuages qui nous faisoient craindre quelque mauvais temps sont dissipés. La Reine est bonne, son conseil sage, et Dieu pour nous. M. le maréchal de Fervaques s'en est retourné en Normandie, à ce que m'a dit aujourd'hui l'un des siens. Nous avons la Reine pour gouverneuse*, vous pouvez penser si nous sommes bien glorieux. Quand je vous ai dit que nous n'avions point de nouvelles, il ne me souvenoit pas de la mort de M. le prince de Galles^. Il y a trois ou quatre jours que discourant avec un de mes amis de tout plein de morts de princes amvées en tous les quartiers de l'Europe depuis quatre ou cinq ans, je lui dis que je croyois que le premier deuil que nous porterions viendroit d'Angleterre, pource qu'il y avoit longtemps qu'il n'y avoit en ce payslà que des sujets de joie, et que c'est l'ordre des choses du monde qu'après les noces viennent les funérailles. Ma prophétie a été trop véritable, et certainement en la '

Lettre 1 06 . — i . La Reine ayait pris pour elle le gouTcmement de Normandie, que la mort (i^' novembre) de Charles de Bourbon, comte de Soissons, venait de laisser vacant.

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