III. — A Paris, ce 1 2' de janvier
Monsieur , après vous avoir écrit la mort du baron de Lus, tué la veille des Rois par M. le chevalier de Guise,
3i. Un laquais a été ajouté après coup, en interligne; de même que , huit lignes plus loin , les mots : c qu'il s'en revînt à Paris. » 32. Lui a été biffé devant mandât.
et avoir* baillé à M. de Valavez le récit que Monsieur le chevalier en a fait de sa bouche deux heures après la chose arrivée , pour le vous faire tenir avec la lettre que Monsieur le Grand a écrite à la Reine , je ne vois plus rien qui mérite d'être mis sur le tapis. Ce matin M. de Valavez a pris la peine de me venir voir pour savoir quelque chose de nouveau ; je lui ai promis d'aller dîner chez Mme la princesse de Conty pour en apprendre ; mais j'ai trouvé M. de Saint-Luc' à la messe de la Reine', qui m'a emmené dîner chez M. de Bassompierre , si bien que je n'en sais pas davantage que quand je suis sorti du lit. Tout ce que je vous puis dire, c'est que demain l'affaire de Monsieur le chevalier se doit terminer. En la colère, M. Legrand et M. Faideau furent faits commissaires ; mais ils se récusèrent : on y en substitua qui en ont fait de même. A cette heure, les ajBFaires n'en sont plus en ces termes-là. La Reine a retiré les infoimations. Je crois que l'entérinement de la grâce se fera devant la Reine en son cabinet; je saurai cette formalité, et la vous écrirai. D'autres nouvelles, il n'en est point. M. le prince et Mme la princesse d'Orange amvèrent vendredi ; Monsieur le Prince alla au-devant d'eux , et y mena trois ou quatre cents chevaux. Monsieur le chevalier les alla voir passer : je le sais d'un gentilhomme qui étoit avec lui. Je vous envoyé les trois Romans que vous desiriez; pour les lettres de Lingende, il faisoit si mauvais temps pour aller au Palais , que j'ai prié M. de Valavez de me décharger de cette corvée, ce qu'il a fait. Je lui ai aussi baillé
Lbtthb III. — I. Avoir a été ajouté après coup, au-dessus de la ligne.
2. Timoléon d'Espinay, seigneur de Saint -Luc, maréchal de France (1628), mort en 1644.
3. Les mots : c à la messe de la Reine, s sont écrits dans l'interligne.
les Romans pour vous les* faire tenir ; vous les recevrez par M. l'auditeur Buysson ou par votre Etienne. Si vous me commandez avec tant de cérémonie comme vous faites , vous ignorez le pouvoir que vous avez sur moi , et me défendez la privante dont j'ai accoutumé d'user avec vous. Je suis marri de n'avoir de quoi vous entretenir plus longtemps; mais il n'y a ici rien de nouveau. Messieurs de la Rochelle et de Saint- Jehan d'Angely, que l'on croyoit qui nous dussent brouiller, se sont faits gens de bien. Vous savez ce que je vous en ai toujours écrit ; je n'ai point été trompé. Le baron de Saugeon est encore en prison à Villefranche de Rouergue. Il fut pris par un nommé Rodelle, qui est des ordinaires du Roi* : il étoit au lit en une hôtellerie. Un des siens fut tué d'un coup de pistolet; un autre soldat se jeta par la fenêtre, et s'est sauvé : l'on croit que c'est celui qui avoit les papiers. Saugeon lut pris à trois lieues de yillefranche , à deux lieues du Pont - Antonin , qui étoit une place de son parti; mais il ne pensoit plus être suivi , et d'ailleurs il avoit fait de grandes traites sur des barbes qu'il avoit achetés. L'envie qu'il avoit de les faire reposer, pour le besoin qu'il jugeoit qu'ils en avoient, le fit arrêter si près de sa retraite. Je crois qu'il est bien heureux que les affaires de Saint- Jehan d'Angely s'apaisent, et qu'il s'éjouira* des lettres d'abolition qui ont été expédiées sur tout ce qui s'est passé. J'avois oublié à vous dire qu'il y a un avis proposé et reçu par le conseil , à ce que m'a dit M. Florence, pour acquitter cinq millions de livres de rente que fait le Roi , sans aucune surcharge ni exaction nouvelle. Le proposant est un nommé Bizet'. Il m'a mon-