‹ Œuvres complètes;Chapitre 225 sur 436 · On le trouvera à la suite de la lettre · texte numérisé non relu

On le trouvera à la suite de la lettre

12. Diverses pièces inédites que nous avons trouvées à la Bibliothèque impériale nous permettent d'expliquer complètement ces affaires de Provence auxquelles Malherbe fait allusion plus d'une fois et toujours en termes vagues et obscurs.

Cliarlotte de Cariolis, sœur de Mme de Malherbe, avait épousé Arnoul Joannis, sieur de Châteauneuf, qui depuis i586 était conseiller au parlement de Provence. Il faisait partie d'une faction qui dans ce parlement s'opposait vivement au premier président du Vair, et le 22 décembre 161 2 et le 2 janvier suivant il l'insulta si gravement, que le i4 janvier la cour condamna le délinquant à faire amende honorable debout et tête nue, et le suspendit pour un an de l'exercice de sa charge. Voyez un extrait de l'arrêt dans le tome XVII (p. 177) de la collection Dupuy.

On comprend quels soucis une pareille affaire dut donner à Malherbe, que sa femme et son beau-frère cherchèrent, comme on le verra plus loin, à compromettre auprès de son ami du Vair.

Le lendemain même de la dernière affaire, le 3 janvier 161 3, du Vair écrivait à de Thou : « Comme ma vie a été une éternelle balaille, et vere pugna sine missione, je suis encore à combattre des bêtes farouches, ayant assez de courage, mais moins de force que je n'avois auparavant ces trois ans passés de maladie continuelle. J'ai toujours en tête les méchants , peu en nombre , mais de si grande audace et effronterie que trois ou quatre qu'ils sont tiennent acculée toute une compagnie de quarante hommes , sans qu'il y ait moyen d'en venir à bout. » Du Vair attribue « tous ces mouvements » aux intrigues de l'archevêque d'Aix. (Collection Dupuy, tome 802, p. 62.)

LETTRES A PEIRESC. aSg

Vous m'en avez celé le commencement, n'en faites pas de même du progrès et de la fin. M. de Valavez a bien pris la peine de me le venir dire; mais j'eusse été plus aise de le savoir de vous-même. Si vous êtes paresseux, vous me le ferez devenir ; je n'y suis que trop porté de mon naturel : imaginez - vous comme j'y triompherai quand je le serai par votre exemple. C'est assez pour cette fois ; j'ai la main si lasse que je n'en puis plus, mais SI faut-il qu'elle écrive encore ces trois ou quatre mots : tenez-moi toujours, Monsieur, pour votre serviteur trèshumble et très-affectionné,

Fr. Malherbe.

Le nom de la personne*' que je n'ai point nommée audessus du billet que vous montrera Marc-Antoine est audessus" de la lettre de M. le premier président du Vair. On a fait courir le bruit d'une autre, mais c'a été pour certains respects que l'on a baillé ce change ".

Billet d'appel porté par un nommé Riolet à M. le chevalier de Guise, de la part du jeune baron de Lus, le jeudi dernier jour de janvier i6i3.

Monseigneur, nul ne peut être plus fidèle témoin du juste sujet de ma douleur que vous : c'est pourquoi, Monseigneur, je vous supplie très-humblement de pardonner à mon ressentiment, si je vous convie par ce billet de me faire tant d'honneur que je me puisse voir l'épée à la main avec vous, pour tirer raison de la mort de mon père. L'estime que je fais de votre courage me fait espérer que vous ne mettrez en avant votre qualité pour éviter ce à quoi l'honneur vous oblige. Ce gentilhomme vous amènera au lieu où je suis avec un bon che-

i3. Riolet. — i^. Au-dessus a été substitué à au bas. i5. Au lieu de baillé ce cluinge, il y avait d'abord : nommé l'un pour r autre.

MAJJiiBRBE. m 19

ago LETTRES A PEIRESC.

• val et deux épées, desquelles vous aurez le choix; et si vous

' ^ ^ ^ ne l'avez agréable, je m'en irai partout où vous me le commanderez. Luz.

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