‹ Œuvres complètes;Chapitre 228 sur 436 · Les mots au soir ont été effacés après Hier · texte numérisé non relu

Les mots au soir ont été effacés après Hier

quand on marie une fille qui n'a qu'un frère; c'est à Dieu de disposer de celle affaire comme il fail de toutes. M. du Maine et M. de Nevers sont à Soissons depuis cinq ou six jours ; ils doivent être de retour celte semaine prochaine , pour s'en aller quinze jours après à Nevers faire partir Mlle du Maine*, qui s'en va à Rome trouver Monsieur son mari. Vous avez su que les lieutenances de Roi au bailliage de Dijon et en Bresse vaquoient par la mort du baron de Lus. Jusques ici l'on a cru que M. de Thianges et M. de Tavannes les auroient ; à cette heure, les choses semblent aucunement changées, et croit-on que M. de Thianges n'aura rien, et que M. de Tavannes aura la Bresse. M. du Maine, qui poursuit cette affaire, fait, à ce que l'on dit, que M. de Tavannes donnera six mille écus à M. de Thianges. Je le tiens de bon lieu, mais je n'en crois rien pourtant, car la chose ne le vaut pas. Il n'est pas croyable comme la fortune tourne continuellement et diligemment sa roue en cette cour : les faveurs n'y sont guère en un même lieu; c'est raison aussi que tout le monde s'en sente. Samedi dernier, environ deux heures après minuit, la garde-robe de la Reine fut volée et toutes ses robes emportées; il s'en est retrouvé quelques-unes qui tombèrent dans le cloître de Saint-Nicolas, derrière la cour des cuisines, et furent trouvées par les prêtres allants de matin aux services; il en est encore demeuré deux, avec toutes les jupes et force sachets de poudre. Il sera toutefois malaisé que les larrons en fassent leur profit, pource qu'il y aura sans doute quelque chose qui, en l'exposant, fera découvrir le reste. Dieu veuille que la fortune se contente de ce petit malheur, parmi tant de prospérités qu'elle donne à notre bonne reine !

3. Renée de Lorraine, mariée en 161 3 à Marie Sforce, duc d'Ognano, morte à Rome en i638.

Puisque je suis sur les crimes , je vous dirai qu'un nommé Guinegaut*, qui avoit répondu pour M. du Maine pour dix ou douze mille écus , étant poursuivi du payement et exécuté en ses biens , fit saisir le bufFet de M. du Maine, le jour même qu'il devoit faire festin à Messieurs les Princes. M. du Maine, n'y pouvant autrement remédier, lui envoya des pierreries, et par ce moyen empêcha que sa vaisselle d'argent ne fût transportée. Il arriva, à trois ou quatre jours de là , que ce Guinegaut fut rencontré par deux laquais qui lui ayant demandé s'il s'appeloit pas Guinegaut, et lui, ayant répondu qu'oui, lui donnèrent tant de coups de bâton que jusques à cette heure on l'avoit tenu pour mort. L'on dit que M. du Maine , étant prêt à partir, dit tout haut qu'on ne se devoit point mettre en peine qui avoit fait battre Guinegaut , et que ç' avoit été lui ; l'on dit même , et l'a-t-on dit en fort bon lieu, qu'il l'avoit ainsi envoyé dire au commissaire de la cour de parlement , qui en informoit , à la poursuite de Guinegaut. L'édit des duels n'est point encore publié ; il en a été délibéré au parlement , mais ils* ont trouvé bon de supplier la Reine d'y ajouter encore trois ou quatre points , dont l'un est que la connoissance en soit du tout ôtée au prévôt de l'hôtel*, l'autre que les maisons soient rasées, et le troisième qu'il n'y ait point de prescription pour les criminels; s'il y en a d'autres , il ne m'en souvient point. M. de Valavez vous aura écrit le ballet de dimanche dernier, car il le vit à l'Arsenac ; je ne vous en dirai donc rien , sinon qu'au Louvre, où nous étions, M. de Longueville prit

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