Charles de Vivonne, baron de la Ghàteigneraye
8. Nous ne connaissons comme baron des FVancs à cette époque, que Jacques de Neuchèses, qui futévéque de Ghalon de 1624 à i658. Il était né en iSgi. Peut-être s'agit-il d'un frère? — Malherbe avait d'abord écrit que quelqu^un qui, etc., » puis il a effacé quelque, et ajouté : c nommé des Francs, » au-dessus de la ligne.
Châteigneraye ; lui et Beuvron y sont allés d'un côté, des
Francs et un de ses amis de l'autre. Beuvron a ôté l'épée et la dague à son ennemi; la Châteigneraye poursuivit fort et ferme le sien, qui reculoit; là-dessus ils ont été empêchés de passer plus avant : c'est à la cour de parlement à faire le reste.
Il est encore venu une autre nouvelle, qui est étrange, si elle est véritable'. Entre les bannis d'Espagne qui étoient en cette cour, il y avoit un nommé Frontin, homme de soixante-deux ou soixante-trois ans; le feu Roi lui avoit donné douze cents écus de pension. Comme l'alliance de France et d'Espagne fut faite, il procura, par l'intercession de Madame, d'avoir sa grâce, et d'être rappelé ; il eut ses dépêches en telle forme que bon lui sembla, et s'en retourna*" chez lui. A cette heure, l'on dit que ce pauvre homme , quelques jours après qu'il fut arrivé, étant en son lit, il vint frapper â sa chambre trois hommes de justice, un prêtre et un bourreau; la porte leur ayant été ouverte, ils lui signifièrent** son arrêt, qui fut à l'heure même exécuté. Cette nouvelle est venue aujourd'hui à un nommé don Emmanuel, qui étoit ici de même condition que le seigneur Frontin ; deux de ses amis de la frontière de Béarn l'avertissent que s'il est parti pour s'en retourner chez lui, qu'il ne bouge, de peur que le semblable ne lui avienne. L'on croit malaisément ce bruit, pource qu'il n'est pas vraisemblable*^ que, contre sa foi, un grand prince comme le roi d'Espagne eût voulu permettre un si malheureux acte; et d'ailleurs ce don Emmanuel, qui est homme de dix ou