De Paris, ce 20* de juillet
Monsieur, je me suis quelquefois plaint de votre paresse, mais jamais si justement qu'aujourd'hui. Je sais bien que vous me faites toujours l'honneur de m' aimer, et par conséquent* ne me puis imaginer qu'autre chose vous ait empêché de m' écrire que le regret de ne me donner quelque mauvaise nouvelle^. Nous sonunes tous en la main de Dieu, et faut, comme d'un père, recevoir de lui ce qu'il lui plaît nous envoyer ; mais sans mentir, ce me seroit une afQiction étrangement sensible que de perdre quelque chose de ce qui m'est si cher. Nous n'avons rien ici que vous ne puissiez apprendre de M. Chais. Leurs Majestés' furent mécredi à Rongy*, entre Villejuifve et Juvisy , sur la main droite en allant à Fontainebleau, voir cent pouces d'eau qui y ont été découverts, et que l'on est après de faire venir en cette ville ; le marché en est fait par quatre cent soixante mille livres jusques à l'entrée du faubourg Saint- Jacques. Le Roi, dès le matin, étoit allé dîner à Cachan. La Reine partit d'ici environ deux heures après midi, et tous deux se trouvèrent là sur les quatre heures; mais la pluie, qui survint au même temps qu'ils arrivèrent, fut cause que la Reine ne sortit point de sa carrosse. Il fut présenté au Roi cinq
Lettre 127. — i. Par conséquent a été ajouté au-dessus de la ligne.
a. Peiresc lui répondit le a 8 août : « C'est bien la vérité que Mme de Malherbe a été quelque temps indisposée de ses yeux, durant lequel elle ne sortoit presque point; mais ce n'a jamais rien été de dangereux, Dieu merci, et elle est maintenant plus gaillarde que jamais, comme aussi le petit Marc-Antoine, qui parle déjà de se mettre à la pliilosophie, de sorte qu'il ne faudra plus le traiter en enfant. »