Malherbe avait d'abord écrit ainsi le dernier vers
Ils font au monde un merveilleux dommage.
LETTRES A PEIRESC. 3a3
feuille de papier. Il s'en fera sans doute une taille-douce ; et quand cela ne seroit pas, vous en aurez une copie de la main du bon compère. Adieu, Monsieur, encore une fois.
128, — A Paris, ce 5" d'août.
Monsieur, je vous écris ordinairement en hâte, mais ce ne fut jamais tant qu'à cette heure. Tout ce que je vous puis donc dire , c'est que je reçus il y a deux jours votre lettre du 20^ du passé. Le sujet pour lequel je vous demandois le chiffre est failli. Toutefois il en peut renaître d'autres à toutes heures, si bien que je ne suis pas d'avis que vous laissiez de me l'envoyer. J'ai reçu des lettres de ma femme, qui m'ont, grâces à Dieu, ôté de la peine où j'étois. Je vous remercie de tout mon cœur de l'affection que vous portez à Marc- Antoine, car je ne saurois imputer à autre chose les bons témoignages que \ous me rendez de lui. T)ieu lui fera, s'il lui plaît, la grâce de se rendre digne de la bonne opinion que vous montrez en avoir, et récompenser * par des services les bons langages que vous tenez de lui. J'ai baillé à M. de Valavez deux cents livres pour lui faire tenir ; il en écrit à M. de Calas. Je vous supplie, Monsieur, m'excuser de cette indiscrétion; vous en recevez tant tous les jours, que vous y devez être accoutumé. Pour des nouvelles, je ne vous en écris point : nous sommes en paix ; il ne laisse pas d'y avoir des froideurs entre les grands, mais rien n'éclate. M. de Longueville est de retour depuis trois jours en cette ville : il s'en va au premier jour en son gouvernement, et M. le marquis d'Ancre à Amiens, pour
Lettre 128. — i. Malherbe avait d'abord écrit : c que vous montrez avoir de lui, et de récompenser, etc. »
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l'y recevoir. Notre nouvelle mariée ^ s'étoît étonnée du coup extraordinairement , pource que cette violence lui fit voir de son sang, ce qu'elle n'avoit jamais vu, de sorte qu'où d'ébahissement , ou de lassitude, elle s'est reposée quelques jours ; mais depuis les trois dernières nuits ils ont recommencé à coucher ensemble. Elle est venue au Louvre, qui est un signe que tout va bien. Il avoit été un bruit si grand qu'il étoit tenu pour certain , que le marquis de Bonnivet* s'étoit fait huguenot pour épouser Mlle de Rohan; mais cela s'est trouvé faux. Adieu, Monsieur; je suis plus long que je ne m'étois proposé. Je vous baise les mains, et suis votre serviteur très-afifectionné et très-obligé.