Malherbe avait d'abord mis qu'il, au lieu de que ce
sais de quel livre vous me parlez , nommé les Civilités puériles*^^\ il en fut affiché un, il y a environ un mois, sous le titre de Cit'ilité morale^ fait par Érasme", et traduit par un petit garçon de neuf ans : il faut que ce soit celui que M. le greffier Etienne a fait voir en Provence ; mais si ce l'est, il ne falloit pas Tacheter à Paris, il l'eût eu" à Aix pour six liards, et n'y eût eu différence que de la traduction ; voilà pourquoi je n'envoyerai point si peu de chose si loin. Je ne saurois croire qu'Erasme sût que c'est de civilité, non plus que Lipse** sait que c'est que de police. Je serois bien aise de voir un premier gentilhoDune de la chambre écrire du premier point*', et un roi du second; ils en parleroient, à mon avis, plus pertinemment que des pédants , et ce seroit ces livres-là que j'achèterois fort volontiers , comme faits par des gens du métier. J'oubliois à vous dire qu'ayant eu l'honneur de dîner aujourd'hui avec Mme de Longueville, elle a eu nouvelles que Mme la comtesse de Soissons avoit envoyé en poste quérir M. Breyer, son médecin; et ayant à l'heure même envoyé à l'hôtel de Soissons savoir ce que c'étoit, on lui a mandé que c'étoit un dévoiement avec un peu de sang : elle en est eu grande alarme. Dieu nous veuille conserver cette belle et sage princesse ! notre cour
11. « Mme de Malherbe, avait écrit Peiresc le i5 septembre, fat hier céans, où elle trouva M. le greffier Estienne, qui lui fit grande envie d'un nouveau li-v-re intitulé les CiviCités puériles (ia-4*'), pour son petit Malherbe, qui est toujours plus gentil. »
12. L'ouvrage d'Érasme est intitulé De civilïtate morum puerîlium, i53o, in-4°, et l'autre : la Civilité morale des enfants, par Claude Hardy, Parisien, âgé de neuf ans, i6i3, in-8°.
i3. L'autographe porte : o.il eût eu. »
i4- Juste Lipse, célèbre érudit, né en i547> ™ort en 1606. Malherbe fait probablement allusion à l'ouvrage intitulé PoUticorum sipe civilis doctrinx libri sex, laSg, in-4°.
i5. Point a été ajouté après coup, an-dessus de la ligne.
344 LETTRES A PEIRESG.
perdroit en elle un de ses principaux ornements. Les libraires sont de retour de Francfort, mais non pas les livres; Dieu aidant, j'enverrai demain le catalogue. Adieu, Monsieur : j'ai peur que mes lettres ne soient longues jusqu'à l'importunité, et même n'étant pleines que de ces nigeries; mais qui donne ce qu'il a, fait ce qu'il doit. Excusez-moi donc, et me tenez toujours pour votre serviteur très-humble et très-afiFectionné,
Fr. Malherbe.
Je baise très-humblement les mains à Monsieur le premier président, et suis son très-humble serviteur. J'attends de vous l'histoire de 108". Je vous supplie, Monsieur, de remercier de ma part M. de Calas de la courtoisie qu'il m'a faite, et l'assurer qu'il a en moi im serviteur très-affectionné, partout où je le lui pourrai témoigner.
Monsieur, je ne pensois pas avoir des nouvelles à vous écrire que la cour ne fût de retour à Fontainebleau, mais le voyage qu'a fait la Reine en cette ville m'a fourni de quoi vous faire cette lettre. Elle arriva mécredi au soir' pour voir Monseigneur, de la santé duquel on lui écrivoit et parloit diversement : elle alla droit chez lui au sortir de sa carrosse; elle le trouva jouant et sautant enmii la chambre : j'en parle comme témoin oculaire.