Malherbe avait d'abord écrit et, au lieu de avec
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mais la mort du pauvre M. d'Infrainville', qui étoit mon parfait ami , étant arrivée au même temps , me mit en autre humeur que de rire. Il arriva hier chez M. le commandeur de Sillery un malheur qui sembla grand, et toutefois je crois qu'à la fin cène sera rien : sa concierge, après avoir dîné, dit à sa servante qu'elle se trouvoit un peu mal, et qu'elle s'alloit jeter sur le lit pour se reposer et essayer de dormir, lui commandant que quand il seroit heure d'aller à vêpres, qu'elle la réveillât. Cette servante, ayant pris, à son avis, cette occasion bien à propos pour s'en défaire , comme elle la vit endormie lui jeta une poignée de cendre au visage, et en même temps lui donna jusqu'à treize coups de couteau , dont les premiers furent aux yeux, puis à la gorge, et le reste par les autres parties du corps , où bon lui sembla ; mais ce fut si lâchement qu'elle ne lui a presque point fait de mal : elle fut à l'heure même menée en prison ; vous pouvez penser quelle en sera la fin.
Demain reviennent ensemble les princes qui ensemble étoient allés à Fontainebleau : MM. de Longueville, du Maine et de Nevers ; et je crois que bientôt nous aurons toute la cour. Je vous avois écrit que M. de Pontac avoit été maltraité, revenant un soir en carrosse de voir la Paulette*. Les auteurs n'en sont point découverts; bien dit-on que l'un des soupçonnés dit l'autre jour tout haut que Pontac se plaignoit d'avoir été battu , mais que cela n'étoit rien, et que le pis pour lui étoit que ce*" lui étoit une rente annuelle et perpétuelle tant qu'il vivroit. S'il est vrai, je n'en sais rien : celui qui doit avoir tenu ce langage est tel que je le crois bien malaisément. Je ne
8. Peut-être le père de Touvant , dont Malherbe a parlé plus haut, lettre 104, p. aSg.