Le manuscrit porte ici M. de Lyon
qu'obligé. J'en dis de même à Monsieur le premier président : je ne sais pas comme il se porte, mais il n'a pas tenu à bien boire à sa santé s'il n'est bien gaillard. Ce fut chez M. Ribier, où M. de Valavez et moi fûmes conviés. Monsieur l'avocat général " devoit être de la partie ; mais il fit ici comme M. de Bélesbat à Aix : il lui survint quelque affaire qui l'empêcha de tenir sa promesse. Il y a une belle dame à qui ou a fait fête de l'aigre de cèdre " ; elle m'a prié que s'il y en avoit à Marseille, je lui en fisse venir. Je vous supplie, Monsieur, recevoir encore cette importunité d'être prié de moi que, s'il s'en peut recouvrer, j'en aye une pinte ou deux par votre moyen , et qu'elles soient si bien empaquetées qu'elles arrivent en bonne santé. Je n'ose vous prier avec cérémonie, et veux croire qu'elles vous déplairoient aux requêtes , puisque vous n'en voulez point aux remerciements.
Je pense avoir conté ce qui s'ensuit à M. de Valavez, mais à tout hasard je le répéterai.
Mécredi au soir, le Roi étant allé à ses affaires, il fut crié par un valet de chambre, selon la coutume, que ceux qui n'étoient point des affaires sortissent. Entre ceux qui demeurèrent, furent M. PluvineP' et M. Florence. Comme le Roi fut au lit, et le rideau tiré, M. le maréchal d'Ancre dit tout haut que puisqu'il ne gagnoit rien de faire dire
2 5. Jean-Louis de Monier, avocat général au parlement de Provence. Voyez plus loin, p. 383.
a6. e L'aigre de cèdre, dit le Dictionnaire de Trévoux, est une sorte de liqueur faite avec du jus de citron, de limon ou de cédrat et avec du sucre, et qui, mêlée ensuite avec de l'eau, fait une boisson fort agréable. »
37. Antoine de Pluvinel, sous- gouverneur du Dauphin (Louiè XIII) et premier écuyer de la grande écurie, mort le a4 août 1620. On a de lui : le Manège rojaly 1623, très-rare.
jQj^ que l'on sortît, il le diroit lui-même; et s'adressant à M. Florence, lui dit : « C'est particulièrement pour vous que je le dis; vous n'avez que faire ici à cette heure. » M. Florence lui ayant répondu qu'il avoit accoutumé d'y demeurer, et qu'il croyoit que sa charge l'y obligeoit, Monsieur le maréchal lui répliqua qu'il n'y avoit que faire, et que si le Roi avoit à faire de lui, on l'appelleroit; qu'il ne se soucioit pas de lui, et qu'il se mettroit bien aux bonnes grâces du Roi sans lui. Cela fait , il s'adressa à M. Pluvinel , auquel il tint le même langage , sinon en paroles, au moins en substance. Toutefois cette humeur s'est passée, et depuis ils y ont toujours été, sans que Monsieur le maréchal leur en ait rien dit. Le Roi, durant ces discours, étoit au lit, où son aumônier le faisoit prier Dieu, et ne dit autre chose.