Il y avait d'abord dîner y qui a été corrigé en solder
3. Malherbe avait commencé par rédiger ainsi cette phrase : f Etant de retour, je ne sais si M. de Vendôme n'avoit pas encore son cas prêt, il pria l'exempt d'aller, etc. »
revient à la chambre de M. de Vendôme, où ayant jeté les yeux de tous côtés et ne le voyant point, il demande à Mme de Vendôme : « Où est Monsieur ? » Elle lui répondit : « Me Tavez-vous baillé en garde ? » Là-dessus il s'écria qu'il étoit perdu, et descendit en bas, et se mit à crier : « Fermez les portes ; M. de Vendôme est sorti, » Les portes sont aussitôt fermées, et fut crié aux armes chez la Reine. A ce bruit tout le monde y courut; les compagnies des gardes qui l'ouïrent prirent les armes et s'en vinrent aux barrières, la pique basse; de sorte que M. de Guise, le prince de Joinville, et Monsieur le Grand, qui étoient à l'hôtel de Bouchage avec M. le cardinal de Joyeuse, eurent peine d'entrer au Louvre. Vous pouvez penser comme la Reine fut en colère, et justement. La Borderie fut mis au Four-l'Evêque , où il est encore ; et croit-on que le moindre mal qui lui en arrivera sera de perdre sa charge. Pour les soldats, leur justification est qu'ils avoient défense d'entrer dans la chambre de M. de Vendôme. Ce soir tout le monde contoit des nouvelles à la Reine, et une infinité se vantoient de l'avoir rencontré, mais plutôt pour se faire de fête que pour vérité qu'ils sussent de cette affaire; et entre autres j'ai ouï que la Reine a répondu à l'un qui lui disoit qu'il avoit été rencontré sur les cinq heures de soir : « Gomme est-ce que cela se pourroit faire ? il n'échappa qu'à sept. « Tout ce que l'on en sait, c'est qu'il sortit par la porte des cuisines, et s'en alla par la rue de Saint-Thomas du Louvre se rendre à la porte de Saint-Honoré, où l'on dit qu'il se botta et s'en alla au Bourget, qui est sur le chemin de Soissons, où l'on croit qu'il soit allé. Si cela est, je ne sais pas comme il y sera bien venu ; car il est certain que Messieurs de Soissons, en corps de ville, allèrent trouver M. du Maine et lui dirent qu'ils avoient été serviteurs de Monsieur son père, et étoient encore les siens, mais qu'ils
le supplicient de ne faire aucune assemblée en leur ville, pource qu'ils étoient serviteurs du Roi et ne voul oient rien faire dont Sa Majesté eût sujet de s'offenser. Il les loua de cette bonne volonté au service du Roi, et leur dit que, quand ils lui verroient faire quelque chose qui y fût contraire, il leur permeitoit de lui fermer les portes. Sur ce propos, je vous dirai que M. de Beaumont étant allé à Orléans se faire recevoir lieutenant de Roi en la place de M. d'Entraigues*, duquel il a acheté la charge vingttrois mille livres. Messieurs d'Orléans, après l'avoir reçu, lui ont dit qu'ils savoient qu'il dépendoit entièrement de Monsieur le Prince, et que pour cette occasion, vu les bruits qui couroient, ils le prioient de se retirer ou chez lui ou ailleurs, où bon lui sembleroit, jusqu'à ce que le temps fût autrement disposé. Messieurs de la religion sont sages de tous côtés. Messieurs des Etats de Hollande se sont offerts à Sa Majesté, et l'ont assurée qu'ils n'auroient autre volonté que la sienne. Il me semble que tout cela et la qualité de ces Messieurs, dont l'absence fait ainsi parler le monde, doit faire croire que tout ceci s'en ira en fumée, et bientôt. J'y ajouterai encore qu'un intendant de la maison de 58 * rencontra hier un de ses secrétaires, et le pria de lui dire en ami s'il croyoit que nous eussions guerre, et si 58 reviendroit : il lui dit qu'il seroit ici bientôt, si l'on vouloit. Tous ces Messieurs sont à Sedan, qui est à trois ou quatre lieues de Mézières'. Le baptême du fils du prince Palatin se doit faire le 26" du mois qui vient; la reine d'Angleterre est marrine et les Etats de Hollande parrins : M. du Bouillon s'y doit aussi trouver. L'on tient que la Reine partira lundi prochain
4. Charles de Balzac, seigneur d'Entraigues, frère aîné de la marquise de Vemeuil.