‹ Œuvres complètes;Chapitre 293 sur 436 · Voyez tome I, pièce lxvi, p · texte numérisé non relu

Voyez tome I, pièce lxvi, p

pour aller à Mézières ; mais l'on espère qu'elle attendra des nouvelles de M. dePrasIin, et qu'elles seront si bonnes qu'elle ne sortira point du tout de Paris'. Pour moi, je crois qu'elle continuera son voyage, et que si l'on traite avec ces Messieurs, elle voudra être sur les lieux pour faciliter davantage les affaires. Tous les gouverneurs sont envoyés en leurs gouvernements. M. de Montbazon est parti cette après-dînée pour aller en Bretagne. Je crois que vous aurez bientôt Monsieur le chevalier; car pour M. de Guise, il demeure auprès de Sa Majesté. J'oubliois à vous dire que le Roi montre une extrême envie d'aller à la guerre; et devant-hier il se fit armer de toutes pièces avec un tel contentement de se voir en cet équipage, que s'étant mis au lit, il ne voulut pas laisser son casque, et disputa longtemps qu'il dormiroit mieux avec ce casque qu'avec son bonnet de nuit ; mais enfin il se laissa aller aux remontrances qu'on lui fit de le quitter. Dieu veuille bénir les commencements de ce prince! Je pense que nous n'aurons (je veux dire ceux qui vivront alors) rien à regretter du passé.

Mme la comtesse de Soissons contoit ce soir au cabinet que Monsieur son fils disoit aussi qu'il vouloit aller à la guerre, mais qu'il ne vouloit obéir qu'au Roi; et comme Madame sa mère lui remontroit qu'il étoit encore trop foible, il lui a répondu qu'à la guerre il n' étoit question que de savoir tuer un homme, et qu'il en tueroit bien un.

Adieu, Monsieur : louez ma diligence, et aimez toujours votre serviteur très-humble et très-affectionné ,

Fr. Malherbe.

7. Au lieu de cette fin de phrase, il y avait simplement d'abord c qu'elle u'ira point du tout. » *

4oo LETTRES A PEIRESC.

Je vous prie, Monsieur, me faire ce bien de rendre* à ma femme cent francs que j'ai baillés à M. de Valavez; c'est pour acheter des livres à Marc-Antoine, qui sera votre serviteur comme le père.

Afin que vous ne vous étonniez pas que la prise de la citadelle de Mézières ait été faite en si peu de temps, je vous veux avertir qu'il ne s'y est tiré coup ni de canon ni d'arquebuse, ni de ceux de dehors ni de ceux de dedans, pource que, de quarante soldats qui étoient dedans, il y en avoit trente qui y étoient de la main de M. de Nevers, sans le lieutenant et l'enseigne.

Je vous ai dit la colère où fut la Reine de l'échappement de M. de Vendôme; mais j'avois oublié à vous dire que à l'heure même une de ses femmes, nommée Mlle Quenche, lui vint dire qu'il étoit repris, à quoi 5i ' répondit qu'à ce coup il iroit à la Bastille *, mais l'avis se trouva faux.

i5i. — A Paris, ce 23* de février.

Monsieur , je vous écrivis il y a deux jours si au long que je n'ai rien à vous écrire. Je mis en ma dernière lettre tout ce que je savois, et depuis je n'ai rien appris, pource que hier la Reine avoit pris des pilules , et par conséquent elle ne se laissa point voir. Aujourd'hui je suis allé sur les six heures chez Mme la princesse de Conty, où je pouvois apprendre des nouvelles ; mais ne pensant pas vous devoir écrire, je n'ai pas été curieux d'en demander; et voyant qu'elle ne vouloit descendre au cabinet qu'après son souper, je m'en suis revenu au logis, où j'ai trouvé

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