‹ Œuvres complètes;Chapitre 30 sur 436 · A Paris, ce 21* de mars · texte numérisé non relu

A Paris, ce 21* de mars

Monsieur, je commençois de me plaindre et pensois en avoir occasion, quand je reçus, il y a huit ou dix jours, une lettre de vous du 24® du passé. Je vous absous du crime dont je vous accusois. Je suis paresseux, et par conséquent je m'imagine aisément que les autres sont touchés de la même maladie; mais je ne soupçonne rien de pis, je veux dire de l'oubli. J'ai trop reconnu votre humeur et votre diligence à la conservation des amitiés pour avoir quelque scrupule de ce côté-là. Je me réjouis de la belle acquisition que vous avez faite ; mais elle n'est pas si secrète comme vous desiriez : je * vous jure que le lendemain je l'ouïs dire chez nous par un qui fréquente chez Mme de Bressieu % et depuis chez M. le comte de Sault * . Je crois bien que tout cela venoit d'une source. Je prie Dieu qu'il vous en laisse longtemps jouir, et ajoute à ce contentement tous ceux que vous desirez. Je suis marri que votre carême -prenant ait été gâté, et que nous

Lettre 14. — i. Dans le manuscrit, il y a devant je le mot car, effacé; ce qui précède, depuis elle /l'est pas, est en interligne.

2. Marguerite de Morges, nièce et femme de Louis de Grolée de Méuillon, marquis de Bressieu, à qui Peiresc venait d'acheter la baronnie de Rians, dont dépendait la terre de Valavez possédée par la famille de Peiresc.

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