‹ Œuvres complètes;Chapitre 314 sur 436 · Voyez le Mercure, ifii4, tome IQ, p. 44o · texte numérisé non relu

Voyez le Mercure, ifii4, tome IQ, p. 44o

M. de Valavez pour l'avertir d'y venir, je ne le trouvai point, et perdis l'occasion de le voir.

Vendredi dernier. Monseigneur vint voir la Reine à son dîner, et lui montra une chaîne de diamants que la Reine Marguerite, sa marrine, lui avoit envoyée: elle n'est que de douze ou quinze cents écus, mais je crois que c'est tout le crédit qu'elle a pu trouver, car cette pauvre princesse est volontiers excessive en ses libéralités : elle donna par même moyen une montre de cinq à six cents écus à Mme de Montglas ; elle donna aussi je ne sais quelle défroque *^ à Mme Sauvai, sous-gouvernanle, et à Madame la nourrice de Monseigneur.

La place de chevalier d'honneur n'est point encore donnée; l'on dit que l'on a envoyé vers le frère aîné de M. le maréchal d'Ancre pour cet effet , et qu'il ne veut pas venir. L'on dit qu'il a plus de dix mille livres de rente ; si cela est , il a raison , et même étant vieil , comme l'on dit qu'il est. L'on dit que M. le maréchal d'Ancre ôte le sieur de Riberpré de la citadelle d'Amiens et y met un nommé Hocquincourt, frère du sieur de Montcavré**, gouverneur d'Aidres. On baille à M. de Riberpré, pour récompense**, le gouvernement de Corbie et une abbaye qui y est, de la valeur de six mille livres de rente. M. de Ventadour revint hier au matin d'Amboise", d'où l'on me dit qu'il avoit rapporté toutes bonnes nouvelles; je me suis toujours moqué de ceux qui en discouroient autrement. La cour partit aussitôt qu'il fut arrivé ; voilà pourquoi je ne m'informe point plus parti-

12. Le mot est douteux ; on lirait plutôt dans le manuscrit defergue que défroque.

i3. Georges deMonchy, seigneur d'Hocquincourt. Il était le second fils de Jean de Monchy, seigneur de Moncavrel, mort en i638.

i4- Récompense, dédommagement.

1 5 . Où était le prince de Condé.

culièrement de ce qu'il a rapporté ; c'est assez que l'on dit que la Reine en est contente. Mme la comtesse de Maillé**, que vous connoissez peut-être mieux par le nom de Mme de Givry, est décédée depuis douze ou quinze jours. M. le comte de Lude *' est lieutenant général pour le Roi en Auvergne : cette nouvelle est vieille, mais je Tavois oubliée en mes précédentes. La Reine a porté le deuil de M. le prince de Toscane *', et Mesdames; mais le Roi non : il avoit été une fois résolu qu'il le porteroit; mais depuis l'on changea d'avis. M. le marquis de Gœuvres est retourné vers M. de Vendôme, mais il n'est pas encore revenu. N'espérez que paix et obéissance de ce côté-là, quoi que l'on vous die. Il l'a ainsi écrit par un gentilhomme exprès au Roi et à la Reine , qui s'appelle Vimays; il arriva samedi au matin : le sujet de son voyage étoit pour rendre raison à Leurs Majestés de ce qu'il étoit entré dans Vannes. L'on est toujours résolu à la tenue des états *', mais irrésolu du lieu où l'on les tiendra : Sens se trouve trop petit pour loger tant de monde ; l'on a parlé de Troyes et de Tours ; la chose est encore incertaine. Mme de Longueville est de retour à Coulommiers, qui est une belle maison qu'elle a en Brie, à douze lieues d'ici. Je crois que nous aurons bientôt et elle et Monsieur son fils à Paris. M. le maréchal d'Ancre est toujours fort mal de sa sciatique ; l'os de sa cuisse est hors de la boîte, et s'y est fait un cal, de sorte que l'on

16. Marguerite Huraalt, veuve en secondes noces d'Anne d'Anglure, baron de Givry, tué en i594, s'était remariée une troisième fois, et avait épousé Armand le Dangereux, comte de Maillé. Elle mourut le i3 juin i6i4.

17. François de Daillon, comte du Lude, gouverneur de Gaston d'Orléans.

18. François de Médicis, prince de Capistran, né en i594, mort le 17 mai 1614. Il était fils de Ferdinand le"", grand-duc de Toscane.

19. Les états généraux, qui s'ouvrirent à Paris le i4 octobre 161 4-

doute qu'il ne demeure boiteux pour toute sa vie. On lui fait des casaques en broderie, je crois que c'est pour la compagnie de la Reine, laquelle il commande; la devise est Tutus ab alto^ non timet ima^° . Le brodeur qui me Ta dit avoit une des casaques sous le bras, mais je fus paresseux de la vouloir voir ; il me semble qu'il me dit que le corps étoit un^* aigle dans les nues, mais il ne me souvient pas du reste.

M. d'Espernon s'en va enGuienne; en récompense, nous aurons M. du Bouillon, que l'on tient devoir être ici bientôt. Vous avez su que M. de Châtillon a été fait général ^^ de toutes les troupes de pied et de cheval que le Roi entretient en Hollande. Le baron de Courtaumer, pour se consoler de cela , en a obtenu la lieutenance en son absence ; et des deux régiments françois entretenus en Hollande, l'on en fait trois, dont le sieur de Hauterive", fils de M. Châteauneuf l'Aubépine, aie troisième ; cette affaire pour les deux derniers articles ^* n'est pas encore résolue, mais si tient-on qu'elle se fera.

20. (t N'ayant rien à craindre d'en haut, il ne redoute pas ce qui est en bas. »

ai. Malherbe avait d'abord écrit une, puis il a effacé Ve final.

22. Devant général, il y a lieutenant, biffé. A la ligne suivante, M. a été efïacé devant les mots le baron; et un peu plus loin, en a été ajouté en interligne devant a obtenu.

a3. François de l'Aubépine Châteauneuf, marquis de Hauterive, lieutenant général des années du Roi, gouverneur de Bréda, mort le 37 mars 1670, à quatre-vingt-quatre ans.

34. Au lieu des mots : a les deux derniers articles, » Malherbe avait mis d'abord « le dernier article, a

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