A Paris, ce 27' juillet
Monsieur, vous n'aurez guère de nouvelles, mais c'est ce qu'en peut savoir un homme qui est à quatre-vingts lieues de la cour; je les ai mises en un mémoire à part. Je vous ai écrit de l'enlèvement de la fille de M. de Mont-
barot; je vous envoyé la satisfaction qui a été faite au père. M. de Vendôme a stipulé trois mois durant lesquels M. de Montbarot trouve bon qu'il recherche sa fille pour la Roche-GifTart. Hors ces nouvelles, que vous verrez au mémoire que je vous envoyé, je n'en sais point d'autres. Le Roi et la Reine se portent fort bien ; ils reçoivent des bénédictions du peuple partout où ils vont , et désabusent les peuples de l'opinion qu'on leur avoit donnée que le Roi étoit si flouet et si délicat qu'on le nourrissoit dans du coton, et qu'il ne vivoit que de médecines : quand il n'y auroit autre profit en ce voyage, celui-là n'est pas petit. La Reine est extrêmement aise de l'avoir fait; aussi ne voulut-elle pas croire les conseils qui lui furent donnés de ne bouger de Paris, non pas même les prières que lui fit la 65 *, encore qu'elle se jeta à genoux pour la retenir. La Reine lui fut dire adieu ; ce qui fut sans voir le 6S^. Monsieur le Prince faisoit fortifier Amboise : la Reine a commandé aux prévôts des' maréchaux de courir sus à ceux qui y travaillent. De Poitiers, où elle est allée, l'on tient qu'elle passera à Angers; mais je crois que la résolution de cette affaire dépend de ce que fera M. de Vendôme. Je crois que rapprochement du soleil fera fondre la dureté des cœurs. Je n'écris point à Monsieur le premier président; je vous supplie l'assurer de mon service, et vous-même me croire votre sei'viteur plus humble et plus affectionné ,
Malherbe.
Vous avez su la mort de M. de Chappes* ; la Reine a donné le régiment à son fils.
Lettre 167. — i. La maréchale d'Ancre.