‹ Œuvres complètes;Chapitre 317 sur 436 · De Tours, le aa" de juillet · texte numérisé non relu

De Tours, le aa" de juillet

Nous allons je ne sais où et reviendrons je ne sais quand. Nous tirons pays si doucement et si plaisamment que, n'étoit le déplaisir de s'éloigner de Paris, hors lequel il n'y a point de salut, il ne s'y pourroit rien ajouter. Nous sommes maintenant à Tours, où la cour est fort grosse. La Reine s'aperçoit bien

Lettre 166. — i. Malherbe a copié lui-même cette pièce et a ajouté au bas : « Cette lettre est de M. de Fouqueroles , enseigne des gardes du corps. »

que sa présence et du Roi n'est pas inutile en ces quartiers. Monsieur le Prince s'est retiré chez lui avec bien peu de gens. Il a mandé à la Reine force bonnes paroles. Pourvu que les effets soient semblables, nous sommes bien. M. de Vignier partit de Blois pour l'aller trouver. Les uns tiennent qu'il viendra, les autres que non. Je crois que les derniers diront vrai, car avec les défiances qu'il n'a que trop grandes, des gens de deçà, que vous jugez bien sans les vous nommer, font courir exprès des bruits qui les lui accroissent. L'on fortifie Amboise, ce qui est trouvé de mauvais goût; et font si bonne garde dedans, que force gens de la cour se voulant approcher du fossé par curiosité ont été menacés, au cas qu'ils ne se retirassent, de les faire retirer avec arquebusades. L'on a fait ce que l'on a pu pour alarmer les huguenots sur ce voyage. La Reine envoya d'Orléans M. de la Chesnaye à la Rochelle, et M, de Villette à Saint - Jean -d'Angely, qui en ont rapporté à la Reine des offres dont elle est très-contente. Ceux de la Rochelle particulièrement ont supplié la Reine et le Roi de venir dans la ville de tout le royaume où ils seront le mieux reçus et le mieux obéis. M. du Plessis est arrivé ce matin, et Monsieur l'évéque de Poitiei*s. Tout rit à Leurs Majestés, et leurs présences ont dissipé force nuages. La Reine a dit qu'elle partiroit jeudi pour être à Poitiers samedi et qu'elle n'y séjournera que deux jours, et de là retourner la tète vers Paris, pour y être au i5* d'août. Elle prendra le chemin de Chartres. L'on attend des nouvelles de M. de Vendôme , qui sans doute aura obéi entièrement. L'armée de M. le maréchal de Brissac a fait halte vers Vendôme, et crois qu'elle ne passera pas outre. Monsieur le Grand dans deux jours s'en va en Bourgogne. M. de Termes demeurera auprès du Roi.

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