‹ Œuvres complètes;Chapitre 346 sur 436 · A Paris, ce 28® de mars · texte numérisé non relu

A Paris, ce 28® de mars

Monsieur, il vous faudroit bien une longue lettre pour vous remplacer cette longue intermission que j'ai faite de vous écrire ; mais puisque vous en avez fait de même, ce sera plus tôt fait, sans plainte ni d'une part ni d'autre, de nous faire un pardon réciproque. Je laisserai donc les cérémonies qu'il y faudroit apporter, pour vous parler de notre ballet*. Il fut dansé jeudi dernier, et redonné hier au soir, toujours avec admiration des machines, mutations de scène, et disposition^ des danseurs, mais, plus que de nulle autre chose, de la bonne grâce de Mail. Bernard de Foix, duc d'Espernon, delà Valette et de Candale, colonel général de France, gouverneur de Guienne, mort en 1661, à soixante-neuf ans. C'était le second fils du duc d'Espernon. 12. La fille du maréchal d'Ancre mourut à la fin de 1616. i3. Au lieu de dites, Malherbe avait d'abord mis parlez. Lettre 181. — i. Voyez la note 6 de la lettre précédente, p. 486. 2. Disposition, agilité.

dame, qui fit émerveiller toute l'assemblée, et particu-

lièrement l'ambassadeur d'Espagne, qui à tous propos regrettoit que tout cela ne se faisoit en la présence du prince d'Espagne. M. de Valavez vous envoyé un petit livret *, où la description de tout ce qui s'y passa est assez particulière; et si quelque chose y défaut, il l'y ajoutera, conmie très-bien informé. Il le vit jeudi fort bien, mais ce fut d'assez loin. Hier nous le vîmes ensemble d'une place que nous choisîmes nous-mêmes, étant entrés les premiers dans la salle, pour éviter les presses et incommodités qui ont été souffertes en ces occasions par des personnes des plus grandes qualités de cette cour. La reine Marguerite commence à se porter mieux ; et comme elle a été hors d'espérance, on la tient aujourd'hui hors de crainte. L'on tient que si sa guérison s'achève, la Reine lui fera voir le ballet . Si j'eusse été aujourd'hui au Louvre, je vous en dirois de plus certaines nouvelles; mais la longue veille d'hier au soir m'a tenu si endormi ce matin, que je ne suis point sorti du logis. Il y a trois ou quatre jours qu'il vint un courrier d'Espagne, qui a apporté à la Reine, de la part du roi d'Espagne, tout ce qu'elle pouvoit désirer de contentement ; il fait la Reine juge des différends d'Allemagne et de Savoie*, si bien que l'on fait compte de se mettre en chemin pour le voyage de Bayonne à la fin de ce mois d'août prochain. Tous ceux qui écrivent d'Espagne content des merveilles de notre petite reine, de sa beauté, sagesse, amour au Roi, et affection à la France. Elle porte continuellement le bra-

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