A Paris, ce 27" de juin
Monsieur, je vous écrivis il y a deux jours une lettre que vous trouverez en ce paquet; mais puisque la fortune m'a fait rencontrer sur le point que M. de Valavez l'alloit fermer, je vous y ajouterai ce que j'avois oublié de vous mander touchant ce que vous desirez savoir de Château- Renaud*. Ce que j'en ai appris, c'est que cette principauté est une portion d'un partage baillé par un duc de Bourgogne à un puîné. Mme la princesse de Conty ne m'en a su dire davantage; mais l'un de ses gens d'affaires m'a promis qu'il verra les documents, et m'en baillera un mémoire particulier. Je ne sais si je vous ai mandé l'accord de Monsieur le Prince avec M. le prince de Joinville; il y a déjà quelques jours qu'iP est fait : Monsieur le
i4- Voyez plus haut, p. 497» °o*® ^ î ^* '"^ ^^ livrets dont parle Malherbe, la Bibliothèque historique de la France, tome II, n°^ 20 27a à ao 3i3 ; le Catalogue de la Bibliothèque impériale. Histoire de France, règne de Louis XIII, année i6i5; et le Mercure, tome IV, p. lai.
1 5 . Devant 0 quand il voudra, » le manuscrit porte les mots : i au premier, » effacés.
Lettre 189. — i. Vojez plus haut, lettre 176, p. 47^, note 3.
a. Qu'il a été substitué à que cela.
LETTRES A PEIRESC. 5o5
Prince demeure possesseur de Saint-Martin, et baille à M. le prince de Joinville l'abbaye de Coulon en Beauce, de la valeur de dix mille livres de rente, et six mille écus d'argent comptant, outre le contentement qu'il donne à Monsieur l'évêque de Boulogne*. Monsieur le Prince partit de Saint-Maur hier, environ dix heures de soir; son train est parti ce matin entre deux et trois : l'on dit qu'il est allé à Cray*, qui est un lieu près de Clermont en Picardie, voir une fête célèbre qui s'y fait de tireurs au papegay; les autres disent qu'il s'est allé aboucher avec M. du Bouillon. L'on attend ce soir ou demain M. de Nevers, qui vient de ces quartiers-là ; par lui l'on aura toute sorte de nouvelles. Le vovaçe de Fontainebleau est rompu' ; le séjour que l'on y vouloit faire se fera ici, attendant que tout l'équipage soit prêt; mais je ne crois pas, quoi que vous oyiez dire, que l'on diffère le partement pour tout cela; au moins la Reine l'a encore aujourd'hui ainsi assuré. Il se fait quelque bruit sourd que sur ce qui se passa le jour de l'octave, à Saint-Germain, entre les pages de Mme de Guise et ceux de Mme de Longueville, M. de Longueville veut faire appeler M. de Guise : staremo a veder* . Hier une femme vint trouver Mme la princesse de Conty, et lui dit quelque chose à l'oreille, à la ruelle de son lit, où nous étions, Mme de Ragny et moi. Madame la princesse tout aussitôt nous le dit tout haut, et dit qu'il n'y avoit point de danger, et que nous étions l'un et l'autre affectionnés au service du Roi : le segret étoit que Monsieur le Prince lui avoit dit qu'il ne l'esti-