L'autographe porte au pie, au singulier
liberté, il n'en parla point, pource que cela avoit été ainsi convenu. Cela fait, il se mit à parler à tous ceux qui étoient là ; et les voyant tous avec du poil gris, il leur dit que c'étoit une marque de leur sagesse, et à lui une marque de sa folie de n'en avoir point. Il a fait couper cette longue barbe qu'il avoit longtemps laissée croître, parce que trois ou quatre jours auparavant, comme M. de Montmorency et le marquis de Portes ' dînoient avec lui, M. le président Janin fut de la part de la Reine lui promettre sa délivrance au retour du voyage. Ce n'est pas pourtant qu'il n'y ait encore de ceux qui pensent voir plus clair que les autres qui dient qu'il ne sortira point; cruant à moi, je tiens l'affirmative*.
M. de Nevers et Mme de Nevers doivent aller au voyage, et l'ont ainsi promis à Leurs Majestés. Mécredi au cabinet, Mme la comtesse de Soissons dit à Mme de Nevers tout haut devant la Reine : « Comme ferez-vous de votre grossesse? » Mme de Nevers répondit qu'elle n'étoit point grosse, et dit à la compagnie que Madame la Comtesse disoit cela pour lui faire la guerre, selon sa coutume. Toutefois un peu après, comme une princesse qui mangeoit des confitures et' en donnoit à celles qui étoient présentes, et qu'elle lui demanda si elle en vouloit, elle répondit qu'oui, pourvu qu'elles fussent aigres. Yba gxrag que tout pryn rfgbig pbapregr pour frehxe qriphmr n 78 qr ar snxer cnf yr hblntr, et jointon à cela que loi rg ryyr ont retiré les rfgbsrf dhxym avoienl baillées cblie snxer yrlief unoxgm *".
7. Antoine-Hercule de Budos, marquis de Portes, chevalier des ordres du Roi.
8. Il ne fut mis en liberté que le 26 juin 1616. Voyez le Mercure, 1616, tome IV, p. iBg.
g. Tel est le texte du manuscrit. Est-ce qui ou et qui est de trop? 10. Peuesc a expliqué, au-dessus de la ligne, les mots écrits en
5io LETTRES A PEIRESC.
L'on parloit dernièrement devant la Reine d'un bruit qui couroit que Mme de Nevers seroit intendante de la maison de la Reine ; elle dit qu'elle n'en avoit point eu, et que la Reine sa fiUe n'en auroit non plus qu'elle; ryyr nqxbhfgn à cela que dhnaq ryyr 1 ra zrggebxg har ryyr ar yn ceraqeblg jamais en yn ersbezngxba**.
Madame doit mener, outre Mme de la Boissière, qui s'en va finir ses jours en Espagne avec elle*^, trois autres dames, douze femmes de chambre, et six filles. Je ne sais qui seront les dames ; mais pour les filles, il y aura de la peine à en trouver, et ne s'en présente encore qu'une seule, qui est fille de Mme de Hélin*'. Cette Mme de Hélin est une des sœurs de M. de Gondy, qui étoit mariée à un riche gentilhomme de Picardie nonmié M. de Hélin. La difficulté n'est pas que nos filles ne veuillent bien aller en Espagne, mais c'est qu'il faut que leurs parents leur baillent quatre mille écus à chacune pour leur équipage, et douze cents écus de pension annuelle, jusqu'à ce qu'elles soient mariées ; et à ce prix-là nos filles ne veulent point aller si loin.
Il y a quelques jours** que Madame Henriette a la rougeole; sitôt que cela fut découvert, qui fut, ce me semble,
chiffre : « Von tient que tout cela estoyt concerté pour scruir (Texcuze à Mme de Nevers de ne faire pas le voyage^ et joint-on à cela que M. de Nevers et elle ont retiré les estofes qu'ilz avoient baillées pour faire leurs liabitz. »
11. C'est-à-dire, comme le traduit Peiresc : a elle adiousta à cela que quand elle j en mettrait une, elle ne la prcndroyt jamais en la ré formation. »
12. Elle en fut renvoyée l'année suivante avec tous les Français ■qui avaient accompagné Madame. — Au lieu de outre , Malherbe avait d'abord écrit avec.
i3. Marie de Gondi, fille de Jean-Baptiste de Gondi, introducteur des ambassadeurs, mariée à Léonor de Pisseleu, seigneur de Heilly. Quatre filles sortirent de ce mariage.
14. Malherbe avait écrit d'abord : « Il y a sept ou huit jours. »
LETTRES A PEIRESC. 5ii
lundi ou mardi, on mena Monsieur et Madame Chrétienne • coucher aux Tuileries, et le même jour Monsieur fut ôté aux femmes et remis au gouvernement des hommes.
On Tavoit mis depuis au logis de M. Zamet; mais je ne sais quelle incommodité Ton y a reconnue. On les a depuis mis en l'abbaye de Saint-Germain des Prés, où ils seront jusques à ce que Ton parle, et alors ils iront à Saint-Germain en Laye.
U y a dix ou douze jours qu'il y eut doute de quelque brouillerie entre M. de Montmorency et M. de Raiz, pour quelque chose qui s'étoit passée chez Mlle Choisy; mais cela n'éclata point : la Reine les fit tout aussitôt embrasser en sa présence. La véritable bpnfxba rfgblg que zbafxrhe qr zbagzbenapl parlant du qhp qr ergm ynhblg nccryyr qhp qr erfgr**, et quelques autres choses sur le même sujet, voulant dire qu'il avoit eu fba erfgr *'.
Pour petites nouvelles, il a couru bruit, mais qui s'est trouvé faux, qu'un catholique, feignant se convertir à la rehgion prétendue, avoit voulu tuer M. du Bouillon".
Un Simon, soldat*' de la citadelle d'Amiens, fut pendu il y a douze ou quinze jours à Amiens même pour avoir donné trois coups de poignard à un apothicaire qui lui avoit refusé de l'arsenic ; il fit ce coup-là de la peur qu'il eut qu'il ne le découvrît*'.
i5. C'est-à-dire : « La Téritable ocasîon estoyt que Monsieur de Montmorancy , parlant du duc de Eetz, Fauojrt apellé duc de Reste. — Le duc de Retz avait épousé la comtesse de Chemilly, qui avait été démariée d'avec M. de Montmorency. Voyez plus haut, lettre 60, p. i33.