‹ Œuvres complètes;Chapitre 365 sur 436 · Près de Villejuif · texte numérisé non relu

Près de Villejuif

5i6 LETTRES A PEIRESC.

— - — - Hier un peu devant midi, vint un courrier au Roi de la part de Monsieur le Prince, et lui rendit un fort gros paquet, dans lequel il y avoit un manifeste qui a fait bien du bruit , pource que Ton dit qu'il y a que si par les prières il ne peut obtenir que Ton fasse justice, il sera contraint de recourir aux armes'. Ceux qui nous veulent faire peur font grand fondement là-dessus, et déjà imputent à cela le retardement du voyage ; mais je ne pense pas que la semaine prochaine se passe que Leurs Majestés ne soient en chemin.

Hier, sur les six heures de soir, la Reine, entrant en carrosse pour s'aller promener, dit tout haut, en s' adressant à ceux qui étoient devant la portière, desquels il se rencontra que j'étois l'un : « Qu'ils écrivent tant qu'ils voudront, autant en emporte le vent; » et répéta ces derniers mots par deux fois.

A l'heure même il courut un bruit que M. de Longueville avoit été blessé d'un coup de couteau, qui lui' couloit le long de la mamelle droite, et entroit dans le bras droit; mais, grâces à Dieu, cela s'est trouvé une pure invention.

Il s'est dit et cm par plusieurs personnes que MM. de la Mark avoient vendu leurs droits de Sedan au marquis de Spinola. J'en ai voulu savoir la vérité, et le demandai premièrement à Mme la marquise de Mauny, qui me dit : « Nous ne l'avons pas fait, mais nous le ferons. » A deux heures de là, je trouvai Mme du Bouillon la Mark*", et lui fis la même demande ; elle me répondit que cela n'étoit point, et qu'ils ne feroient jamais rien contre le service du Roi. Samedi je retrouvai Mme la marquise de

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