Devant cculoit, l'autographe porte entroit, effacé
10. Isabelle de Nassau, femme de Henri de la Tour, vicomte de Turenne, duc de Bouillon, morte en 1642.
Mauny, et lui dis la réponse que m'avoit faite Mme du Bouillon ; elle me dit : « Qu'elle die ce qu'elle voudra, nous le ferons; le Roi ne nous peut pas empêcher de vendre ce qui est à nous : je ferai faire cette affaire-là. »
Un gentilhomme qualifié de cette cour, et qui est fort de M. de Nevers, me dit qu'il ne tiendroit qu'à la Reine que M. de Nevers ne vînt au voyage, et que ce qu'il demandoit étoit si peu de chose et si raisonnable, qu'il ne croyoit pas que la Reine le lui refusât; c'étoit que de deux honneurs qu'il y auroit en cette cérémonie, l'un de mener Madame, et l'autre de ramener la Reine, M. de Guise en eût l'un, et lui l'autre; que cela n'étant point, il supplieroit la Reine de lui permettre de demeurer à Nevers. J'ai demandé ce qui en seroit à des personnes qui le pensent bien savoir, qui m'ont dit que M. de Guise auroit l'un et l'autre : staremo a çeder**.
M. de Mayenne, qui a eu peur que les habitants de Soissons ne le missent dehors, s'en est assuré par quelques hommes qu'il a mis dedans.
Le jour même que les députés de Provence furent ouïs, qui fut, ce me semble, jeudi ou vendredi **, l'ambassadeur d'Espagne prit congé du Roi , qui l'embrassa par plusieurs fois, avec grand témoignage d'affection. Le Roi étoit botté ; l'ambassadeur lui dit que Sa Majesté s'en alloit à la chasse, et que pour cette occasion il ne la vouloit pas importuner plus longtemps ; le Roi lui répondit qu'il n'y avoit point de plaisir qu'il ne quittât pour s'entretenir avec lui. Comme il eut achevé, il se tourna vers la Reine, et ayant pris congé d'elle, fit de nouveau la révérence au Roi, qui l'embrassa encore deux ou trois fois.
II. Voyez ci-dessus, p. a85,note i3, et p. 5o5. la. Les mots : a qui fut, ce me semJsle, jeudi ou vendredi, » ont été ajoutés au-dessus de la ligne.
5i8 LETTRES A PEIRESC.
iç)'i. — A Paris, ce 18' d'août.
Monsieur, nous voici à la fin des nouvelles : Leurs Majestés partirent hier. Il y eut quelque cérémonie au parlement de Madame, mais bien petite. Telle qu'elle fut, M. de Valavez la vit avec le soin dont il est coutumier de remarquer toutes choses; il la vous écrit*, et vous écrit aussi comme M. le président le Jay ^ est du voyage. Chacun parle de cette affaire selon son sens ; le mien est que Ton ne lui veut point faire de mal, mais Tempêcher d'en faire. Quel sera l'état des choses par deçà, je ne le puis deviner. Deux ou trois jours de temps nous y donneront quelque lumière; pour moi, je crois ce que j'ai toujours cru, qu'il y auroit de la peur, et point de mal : tant y a que l'on y a apporté force prévoyances. M. le maréchal de Bois-Danplîin est demeuré, avec environ dix mille hommes de pied françois, et quinze cents Suisses, quatorze cents chevaux, et six cents carabins; on lui a aussi laissé du canon, des balles, et des poudres, et de l'argent pour ce qui sera nécessaire. M. de Praslin demeure avec lui : il y eut quelque contestation avant que l'y faire résoudre ; mais enfin il a fait ce que Leurs Majestés ont voulu. Mme de Guise accoucha d'une fille* le jour de la mi-aoùt; la Reine en sera la marrine , s'en étant priée
Lettre 198. — i. Au lieu d'écrit, Malherbe avait d'abord mis dira.
a. Nicolas Lejay, baron de Tilly, président aux enquêtes (i6i3), président à mortier (i63o), puis premier président au parlement de Paris de i63o à i64o. Il était partisan du prince de Condé, et ayant refusé de suivre la cour dans le voyage de Bordeaux, il fut, au moment du départ, enlevé, mis dans un carrosse, et conduit à la suite du Roi à Amboise, où il resta prisonnier. — Voyez le Mercure, 161 5, tome IV, p. aoj.
3. Marie de Lorraine, duchesse de Guise et de Joyeuse, morte sans alliance, le 3 mars ifi88. — Les mots d'une fille ont été ajoutés dans l'interligne.
LETTRES A PEIRESC. Sig
elle-même*, combien que ce fût rintention du père et de la mère. Sa Majesté dit qu'elle avoit apporté son nom en naissant, et que puisqu'elle étoit née en un jour* dédié à la Vierge, il falloit qu'elle s'appelât Marie. Je fus lundi voir Mme la princesse de Gonty, et fus longtemps seul à la ruelle, pource que l'heure des visites n'éloit pas* encore venue. Nous tombâmes sur le discours des affaires du temps , et particulièrement sur les plaintes que font les princes absents ', je lui dis que tout le monde donnoit sa voix à 107', et que Sg' et elle dévoient prendre cette occasion pour obliger une personne qui auroit un jour moyen de les servir, et que' le faisant elle obligeroit toute la France , pour le mérite et la probité du personnage. Elle me répondit : « Est-il bien homme de bien? » Jugez ce que je lui répliquai; et lors elle me dit : « Mais je crois qu'il seroit bien difficile. » Je lui répondis qu'aux choses injustes il ne faudroit rien espérer de lui, mais que sans faire injustice il se présenteroit des occasions où l'on se pourroit prévaloir de son amitié*"; j'y
4. Malherbe aTait d'abord écrit ; « s'y en étant priée ellemême, s