‹ Œuvres complètes;Chapitre 372 sur 436 · Deux a été ajouté au-dessus de la ligne · texte numérisé non relu

Deux a été ajouté au-dessus de la ligne

mille à douze cents chevaux. Un nommé Fresque, qui est au maréchal d'Ancre, passant par ici, il y a trois jours, pour s'en aller à la cour, dit que M. de Longueville pouvoit avoir à Corbie cinq cents arquebusiers, et cent ou six vingts chevaux ; et Monsieur le Prince mille ou douze cents hommes de pied, et de cinq à six cents chevaux : certainement ils ne peuvent avoir grand' chose. Je vis hier entre les mains d'une dame une lettre d'un de ses amis qui lui mandoit qu'il levoit un régiment pour eux, et qu'il purgeroit ses terres de tout ce qu'elle y auroit de gens inutiles et mauvais garçons, et que dans peu de jours il les mèneroit à un lieu où il feroit bien chaud. Je ne puis deviner ce qu'il veut dire, si ce n'est à la citadelle d'Amiens* ', mais si c'est là, je ne crois pas que ce soit avec effet. Il y a trois jours qu'un homme que Mme la maréchale d'Ancre envoyoit à son mari pour lui donner de ses nouvelles et avoir des siennes, fut pris parles chemins et mené à M. de Longueville, qui lui fit faire fort bonne chère, et aussitôt le renvoya à M. le maréchal d'Ancre, et lui manda qu'en leur parti ils étoient plus courtois que nous n'étions au nôtre. Du côté de Poitiers, j'ai vu une lettre que' M. le marquis de Rambouillet écrit à Madame sa femme, et lui mande que Leurs Majestés y étoient arrivées' le jour précédent, qui devoit être dimanche ou lundi dernier, et qu'ils y feroient quelque séjour, tant pour laisser reposer les soldats du régiment et autres, que pour laisser remettre les chevaux de carrosse et chariots, qui étoient

5. Au lieu des mots : a si ce n'est, etc., » Malherbe avait mis d'abord : « je me doute que c'est à Amiens. »

6. L'autographe n'a pas que, mais de^ à la suite de qui^ biffé.

7. Malherbe avait d'abord voulu écrire : « que Leurs Majestés étoient arrivées à Poitiers, s Trois lignes plus loin, devant soldats, le manuscrit porte le mot personnes, effacé.

LETTRES A PEIRESC. ^ SaS

merveilleusement travaillés. A cette cause il y en ajouta une autre, que Madame se trouvoit indisposée d'un petit dévoiemetit, et que la Reine prendroit ce temps pour se purger, d'autant qu'elle étoit plus galeuse que lorsqu'elle partit. Il y a eu quelque brouillerie entre M. de Sully et M. le comte de la Rochefoucauld pour un logis ; mais je crois que M. de Sully s'est trouvé n'avoir point de raison, d'autant que M. le comte de la Rochefoucauld l'avoit loué il y avoit longtemps, comme lieutenant de Roi de la province, et que par conséquent il n'y falloit point de craie. Voilà tout ce que je sais. Vous recevrez en ce paquet trois livrets qui sont sortis au jour depuis le parlement de Leurs Majestés : ils ne valent pas mieux que les autres. J'oubliois à vous dire que lyi. de Luynes* a eu l'abbaye de Fécamp, de la dépouille du cardinal de Joyeuse. L'on tient M. le prince de Joinville marié avec Mme la maréchale de Fervaques'. Je me trouvai hier en une compagnie où quelqu'un dit que quand elle parloit de lui, elle disoit Monsieur mon mari. Je faisois compte d'avoir l'honneur de le voir aujourd'hui pour le savoir de sa bouche ; mais un petit dévoiement d'estomac m'a fait garder le logis, et m'a gardé de recouvrer un petit livret nommé Martin rjne^\ qui est d'hier ou d'aujourd'hui seulement, dont** je vous eusse fait part comme des autres. Adieu, Monsieur: je suis de tout mon cœur votre serviteur très-humble et très-affectionné ,

Malherbe.

Si sans vous incommoder vous pouvez bailler cent écus

8. Charles d'Albert, duc de Luynes, connétable, né en iSyS, mort le i5 décembre 1621.

Page 1