A Paris, ce 6« de [novembre
Monsieur, ce ne seroit jamais fait de vous remercier. Vous avez, par les obligations précédentes, épuisé tout ce que je savois d'honnêtetés, tellement que je ne saurois plus vous rien dire de nouveau ; et de vous répéter des choses que si souvent je vous ai dites, ce seroit trop indiscrètement abuser de votre patience. J'attends le succès de l'affaire de la pension, qui dépend entièrement de M. de Valavez^ Il me mande que la Reine m'a accordé ce que Mme la princesse de Gonty lui demanda pour moi, et qu'elle en avoit demandé un mémoire pour s'en souvenir. La lettre étoit du jour du mariage', en laquelle il remettoit la poursuite de l'affaire après la cérémonie : depuis je n'en ai point ouï parler. Je lui écris présentement pour le prier de me mander librement ce qui s'en doit espérer. Je ne suis pas bien prompt à me promettre du bien ; voilà pourquoi je démords fort aisément l'opinion des bons succès, quelque apparence qu'ils ayent*. M. de Valavez est au lieu des nouvelles, vous les devez espérer de lui : pour moi, je ne vous puis rien dire de deçà, que
Lettre 197. — i. Malherbe s'est encore trompé en datant du 6 octobre cette lettre, qui est du 6 novembre, comme le prouvent, outre les faits qu'elle contient, la date qu'il a mise lui-même à un des post-scripîums, et la cote de Peiresc.