De Paris, le 1 5» novembre
Monsieur, vous n'avez pas souvent de mes lettres, pource que nous avons faute de commodités. J'attendois toujours la réponse de M. de Valavez sur l'affaire de la pension, dont vous avez pris la peine de lui écrire, pour m'en aller en Provence; mais je crois qu'il soit allé à Bayonne avec M. de Guise, ou que s'il est demeuré, il n'a rien pu avancer. Quoi qu'il en soit, il faut vouloir ce que Dieu veut. Ce qui me garde de partir est quelque petite affaire que j'achèverai, Dieu aidant, au premier jour; et cela fait, quelques dangers qu'il y ait sur les chemins, j'en courrai la fortune, et me remettrai à ce qu'il plaira à Dieu en ordonner; car c'est un voyage à quoi je suis du tout résolu, et dont j'attends l'heure avec impatience. Puisque
Lettre 198. — i. Le manuscrit porte cette date, mais elle n'est point écrite de la main de Malherbe.
LETTRES A PEIRESC. 53î
je n ai point de nouvelles à vous écrire, je vous envoyerai en conséquence deux ou trois pièces que vous serez bien aise de voir, encore que véritablement ce ne soit rien ; mais je connois votre curiosité, et n'ayant autre moyen de vous servir, je suis bien aise de la pouvoir contenter en quelque chose. Je vous baise bien humblement les mains, et suis, Monsieur, votre très-humble serviteur.