‹ Œuvres complètes;Chapitre 378 sur 436 · A Paris, ce a8* de novembre · texte numérisé non relu

A Paris, ce a8* de novembre

Monsieur, je n'ai point été trompé de l'affaire de la pension* : là où il y a un coadjuteur, il n'y a point de lieu de rien espérer. J'espère vous voir bientôt : cela et la faute de nouvelles me gardera de vous entretenir plus longtemps. Je viens de voir un homme de mes amis qui a été à la poste exprès pour apprendre quelque chose ; mais le maître du logis lui a dit que depuis le 14*^ de ce mois il n'éloit venu personne. M. le maréchal de Bois-Dauphin avoit écrit du 22* à Monsieur le premier président que dans trois jours il contraindroit Monsieur le Prince ou de tourner le dos ou de donner bataille ; mais nous n'oyons jusqu'ici dire ni l'un ni l'autre. Il y a huit ou dix jours que le sieur de Riberpré a été chassé de Corbie par un nommé Hélincourt, qui y étoit en garnison avec quatre compagnies. La raison, on ne la sait point : le bruit est qu'il avoit intelligence avec le parti contraire; je n'y vois guère d'apparence par beaucoup d'occasions, et même ce qu'il s'est retiré à Soissons l'en semble assez justifier. J'ai regardé les Centuries sur le fait du quatrain ' ; à la

Lettre 199. — i. Voyez la lettre 194, P- 5ai, note 3. 2. « Il s'agit du quatrain tv de la dixième centurie de Nostradamns. > {Note de M. Bazin.)

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segonde ligne il y a : mais la fin malheureuse ; en la quatrième il y a bien le Phybe^ comme au vôtre; mais je crois qu il y a faute à l'un et à Tautre, et qu'il faut lire VEphèbe. Le prince d'Espagne a nom, comme je crois vous avoir écrit par ci-devant, Philippe-Domingue-Victor. Pour moi, depuis que j'ai vu la fausseté de la centurie qui promettoit morgues ' à la France, je n'ai plus cru le centuriateur : tant y a qu'en ce quatrain il ne dit rien qui ne puisse être rejeté à une autre saison plus convenablement qu'à la nôtre. Dieu garde nos rois, et fasse tomber les malheurs du siècle sur autres têtes que sur celles qui nous sont si chères ! Je vous supplie. Monsieur, me tenir toujours aux bonnes grâces de Monsieur le premier président, comme son serviteur très-affectionné. Je ne doute point des vôtres, comme aussi ne crois-je pas que vous doutiez* démon affection. J'ai suivi l'avis que vous m'avez donné de M. Gaillart, et ai baillé ce matin trois cents livres à M. Roux pour rendre à ma femme en Provence. Adieu, Monsieur : j'espère que les premières nouvelles que vous aurez de moi, j'en serai moi-même le porteur. Votre serviteur très-humble et très-obligé.

Il y a ici dans la correspondance une assez longue interruption, suivie, après la lettre unique de 1617, d'une autre lacune plus longue encore. Malherbe se rendit à la fin de 161 5 ou au commencement de 16 16 en Provence, d'où il repartit le 19 avril, avec Peiresc et du Vair, qui venait d'être nommé garde des sceaux. Peiresc resta jusqu'en lôaS à Paris, d'où il ne s'éloigna guère, tandis que Malherbe fit deux voyages en Normandie et en Provence. C'est à ces deux absences que nous devons les lettres des années 1621 et i6aa.

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