Tout a été ajouté au-dessus de la ligne
aao. — A Paris, le 4' d'octobre.
Monsieur, je ne suis pas diligent comme je devrois être* ; mais je suis vieil, et vous, qui êtes jeune, ne faites pas mieux que moi. Vous avez ici M. d'Agut, qui vous fait penser que vous n'avez que faire des autres ; et certes vous avez raison, il ne manque point de bons avis ; aussi l'opinion que j'en ai n'est pas une des moindres excuses de mon silence. Quoi que c'en soit, il faut tout treuver bon de ses amis ; je crois que quand les autres fois vous auriez voulu contester ponctuellement avec moi là-dessus, à cette heure que vous me voyez embarrassé dans une si malheureuse affaire comme celle de la mort de mon pauvre fils', vous ne feriez point difficulté de me remettre quelque chose de votre droit. Je désire toujours vos bonnes grâces, et ne me manquera que des occasions pour le vous témoigner. Vous verrez ce que je sais de nouvelles dans ceUe que j'écris à Monsieur le premier président'. J'espère au premier jour vous mander le parlement de Bouquinghan * ; les affaires prennent ce chemin-là : je m'assure que c'est autant votre souhait comme le mien. Pour mes assassins*, les marauds peut-être croyent que leur cas va bien, parce que je les laisse en repos; mais je veux qu'ils sachent que avec l'aide de Dieu
Lettre aao. — i. Le mot être a été ajouté au-dessus de la ligne.
a. Marc-Antoine a^ait été tué en duel le i3 juillet 1627. Voyez tomel, la Notice biographique^ p. xxxvn et suivantes. C'est par erreur qu'au même volume la date du mois de juin a été indiquée dans la notice de la pièce en, p. 276.
3. Malherbe avait mis d'abord : c Vous verrez ce que je sais de nouvelles de Monsieur le premier président, à qui j'en écris. »
4. Le duc de Buckingham, que l'on se disposait à chasser de l'Oe
de Ré. , . ,. ,.
5. Les meurtriers de son fils. Voyez tome I, Notice biograp/uque, p. xxxvn et suivantes. - Devant marauds, le manuscrit porte ; c povres geD[s]; . peut-être a été ajouté au-dessus de la Ugne.
Malubhbb. ni ^7
"Z ils se treuveront accablés d'un côté d'où ils ne se guettent 1627 ^ o
pas. M. de Gordes, si vous le voyez, vous dira avec quelle affection le Roi me promit qu'ils n'auroient jamais de grâce ni d'abolition; il y étoit présent. Dieu sait comme je dépeignis à Sa Majesté l'horreur de l'assassinat et la basse condition des drôles. Il m'exhorta de les faire prendre, et que du reste je m'assurasse que j'aurois justice. Si je n'eusse empêché leur confiscation, il y a longtemps qu'elle fût donnée : mon intérêt seul en a été le retardement. Adieu, Monsieur: je parle à vous comme à mon ami ; aussi suis-je tout à fait votre très-humble et très-affectionné serviteur,
Malherbe.
J'ai oublié, aux nouvelles que j'ai écrites à Monsieur le premier président, de lui dire que demain la Reine, mère du Roi, s'en va pour huit ou dix jours à sa maison de Monceaux.
Le Roi de voit être hier à Saumur : il y en a qui croyent que de là il ira voir ses vaisseaux à Morbihan ; les autres, qu'il ira droit à la Rochelle, qui n'est qu'à vingt-quatre ou vingt-cinq lieues de Saumur.
- o 221. — A Paris, ce 3* avril 1628.
Monsieur, quand j'ai vu votre lettre, que m'a fait tenir M. de Porchères Arbaut*, j'ai été ravi, comme d'une chose toute inopinée; tout ce que j'y blâme, c'est que vous ne vous excusez point d'avoir été si longtemps sans m'écrire. Je ne savois certes à quoi imputer votre silence.
Lettre 221. — i. Cousîn de la femme de Malherbe. Voyez tome I, Notice biographique, p. xui.
J'avois de la peine à croire que deux hommes de si basse condition comme sont mes parties, vous fussent plus considérables que je ne suis : toutefois je ne savois à quoi me résoudre. Loué soit Dieu, que vous m'avez témoigné d'avoir encore quelque souvenir de moi ! cette franchise dont je vous parle, conforme à mon naturel, vous doit assurer de la vérité de mon* sentiment. Je ne saurois perdre votre amitié qu'avec douleur; on n'estime point ce que l'on perd sans s'émouvoir. Je vous remercie de vos nouvelles : je crois que c'est ce que vous avez de plus illustre en Provence que l'affaire de Mme de Créquy; il y a là de quoi entretenir le cercle. Je vous ai déjà accusé d'une chose, je vous accuserai encore d'une segonde : c'est que vous me dites que si l'imprimeur qui a imprimé mes vers* en eût eu encore des exemplaires, vous ne m'en eussiez pas demandé : ce n'est pas, ce me semble, vivre avec moi comme veut celui que je vous suis. Je vous envoyé une dernière douzaine d'exemplaires, mais c'est d'une impression faite sans mon sçu et sans mon aveu. Je m'en suis, au commencement, offensé à bon escient ; mais à cette heure que je suis au bout de trois cent cinquante exemplaires que j'avois fait faire, je suis bien aise que cette commodité se soit offerte de satisfaire à mes amis qui en désirent avoir. Je promis hier au Roi d'en faire sur la prise de la Rochelle ; mais je vous jure que j'en ferai faire douze ou quinze cents exemplaires* , et avec privilège, afin que je ne retombe en ce déplaisir que j'ai eu de voir les fautes faites en cette dernière impression.
Pour nos nouvelles, le Roi est parti ce matin, environ les sept heures ; Monseigneur, qui lui venoit dire
a. De mon a été substitué à du.