D'Aix, ce 6 janvier i6i
Monsieur, j'ai reçu par les mains de M. le conseiller Agut la lettre qu'il vous a plu m' écrire, avec soixante carnes de sezains*, trois écus d'Espagne et deux sezains ; et de M. de Galifet'', cent vingt-cinq livres. Je l'ai ainsi écrit aujourd'hui à M. de Malherbe, par Griphon, homme de chambre de M. de Gordes, qui est parti pour s'en aller à la cour. S'il vous plaît de lui faire l'honneur de lui écrire, et lui marquer ceux à qui il les rendra par delà, je m'assure qu'il le fera tout aussitôt. Je ne saurois assez, à mon gré, vous remercier. Monsieur, de tant de faveur que vous me faites, et du soin que vous prenez de nous. Je ne puis autre chose que prier Dieu qu'il vous donne tout le contentement que vous desirez. Je vous baise très-humblement les mains et demeure. Monsieur, votre très-humble et très-obéissante servante ,
Madeleine de Gorriolis.
Lettre a . — i . Carne rfe sezains ou se'izaîns signifie quatre pièces de seize sous. Les pièces de seize sous sont les quarts d'écu dont parle Malherbe dans sa lettre du i^"" février i6i5, où il remercie Peiresc au sujet de la somme d'argent dont Mme de Malherbe accuse ici réception. Pour la valeur du quart d'écu, voyez, outre le calcul contenu dans la lettre que nous venons de citer, celui que Peiresc a joint à la cote de la lettre 20 et que nous donnons plus bas, p. 601, note I. — C'est seulement dans le Dictionnaire françols-anglols de Cotgrave, publié à Londres en 161 1, que nous avons trouvé l'explication du mot carne , qui est une contraction de quatcrne et désigne « un nombre de quatre unités ou de quatre dizaines. » La locution carne de testons y est ainsi traduite : ^ quarterne of testons, conslstlng of foure (sic), or of fortle (sic). — Quant au terme sezains ou selzalns, c'est la cote mise par Peiresc à la lettre 179 qui nous en a donné le sens. Il emploie selzalns comme équivalant aux mots quarts décu^ dont Malherbe s'est servi dans sa lettre : voyez p. 614, et p. 483. ■ a. Voyez encore ci-dessus, p. 483. Malherbe écrit Callfet.