Toutefois est écrit au-dessus de mais, qui a été effacé
6. César de Balzac d'Entraigues, sieur de Gié, frère de père de la marquise de Verneuil.
rien qui ne se pût faire. On parle de sa calholisation : les ■ siens disent qu'il n'y pense pas; mais s'il pense à l'un, je crois qu'il pense à l'autre. Vous ferez, s'il vous plaît, part de ces nouvelles à IMonsieur le premier président , et le prierez que pour ce coup il excuse ma paresse et des méditations que j'ai qui m'empêchent la liberté de l'esprit. J'ai reçu les vers de M. Barclay', dont je vous remercie d'autant plus que vous avez si longtemps gardé la mémoire de la prière que je vous en avois faite. Devant que j'eusse reçu votre lettre, j'avois employé le reste de votre argent à deux douzaines d'aiguillettes; je les vous envoyé, croyant qu'elles ne vous seront pas désagréables; je vous envoyé aussi les Muses ralliées^ et une douzaine de manchettes, comme vous m'avez écrit. J'embrasse toutes occasions de vous servii*; mais je regrette qu'il ne s'en offre de plus importantes, pour vous donner meilleur témoignage de l'affection que j'en ai. Ce sera quand il vous plaira me commander; ce que j'attends comme votre plus humble et plus affectionné serviteur,
F. DE Malerbe.
J'oubliois à vous dire que le sieur du Monstier est si content de vous, qu'il n'est pas possible de plus. Il vous eût envoyé le pourtrait de Monsieur le premier président, et à M. du Périer celui de M. le cardinal du Perron, mais il attend que le mien soit achevé , ce qui sera, Dieu aidant, cette semaine prochaine. Pour les deux autres, je vous réponds qu'ils sont faits, car il me les a apportés à voir; mais pource qu'il dit qu'ils se gâteroient d'être roulés, et qu'il les veut envoyer étendus comme ils
7. Le coffre qui les contenait aurait été égaré pendant ua an. (Lettre de Pejresc du la octobre 1607. Manuscrît cité de la Bibliothèque de Carpentras.)
sont dans une cassette, il veut attendre qu'ils soient tous trois ensemble ; je l'en solliciterai, en sorte que vous serez content. Adieu, Monsieur : encore une fois et encore une fois je vous dip que je suis votre serviteur.
a5, — A Paris, ce 8* décembre.
Ce me seroit un crime capital de ne vous écrire point par cette occasion ; mais pour cela vous n'aurez point de nouvelles, car il est minuit sonné. Monsieur le premier président, à qui j'écris tout ce que nous en avons, vous en fera part. Il me suffit que par ces trois lignes je vous témoigne qu'il me souvient des obligations que je vous ai, et que je désire que vous continuiez de m'aimer. Si je ne le puis mériter d'autre façon, au moins sera-ce en vous en priant et conjurant de toute mon affection. Faites-le donc. Monsieur, et me conservez en vos bonnes grâces comme votre plus humble et plus affectionné serviteur,
Fr. de Malerbe.
M. du Monstier a commencé le troisième pourtrait; aussitôt qu'il sera achevé, vous le recevrez avec les deux autres : vous l'avez fort obligé par ce que vous lui avez envoyé. Tout son désir est de vous contenter en cette occasion et vous servir en toutes * où il en aura le moyen. M. du Périer m'excusera pour cette fois ; je lui baise bien humblement les mains et suis son serviteur.
Leitbb a5. — I. Malherbe avait d'abord mis : o et en toute» vous servir, » puis il a effacé en toutes, pour le récrire après servir.
a6. — A Paris, ce i*' de janvier.
Monsieur, vous m'avez oublié. J'en ferai de même si je puis. Mais non ferai, car vous auriez des excuses et moi non. Nos nouvelles sont aussi froides que la saison. Nous allons courre la bague le lendemain des Rois. Vous saurez qui l'aura gagnée. Je* vois bien que de ce carêmeprenant il ne se parlera d'autre chose. Le Roi courra; cela met toute la cour en débauche. Adieu, Monsieur, en voilà trop pour un paresseux comme vous. A M. du Périer, il aura dent pour dent, ou œil pour œil, lequel qu'il voudra; c'est-à-dire rien pour rien; car puisqu'il ne m'écrit point, il n'a que faire de mes lettres. Je ne laisserai pas pour cela de lui baiser les mains et l'assurer que je suis son serviteur. Mandez-moi, s'il vous plaît, si vous avez reçu les rabats, aiguillettes, etc. Je suis toujours votre très-humble et afifectionné serviteur.
a7. — A Paris, ce 10' janvier.
Monsieur, j'étois affamé de vos lettres, je ne dirai pas que vous m'en ayez soùlé, car cela ne sauroit jamais être ; mais vous avez fait cesser la plainte que je faisois de votre paresse. Le grand nombre de nouvelles dont vous avez rempli votre lettre me convie de vous en faire de même ; mais je n'ai de quoi, parce que le froid a gelé tous les desseins qui se faisoient pour honorer notre carêmeprenant. Nous avons laissé celui * des lices, barrières et autres telles galanteries, et sommes réduits aux ballets. Nous en attendons un au premier jour de la façon de
Lettre a6. — i. Devant ye, il y a dans le manuscrit car, effacé. Lettre ij. — i. Celui est écrit au-dessus des mots le dessein^ qui ont été effacés.
M. de Vendôme, duquel sont tous les galants de la cour, au moins une grande partie. Si le froid n'avoit fait autre mal que cela, ce seroit peu de chose; mais il a tellement gelé notre rivière, que la charge de cotrets coûte trentecinq sols : voilà le principal grief. Il est vrai qu'encore avons-nous à nous contenter d'elle, au prix de la Loire, qui s'est arrêtée au pont d'Amboise, et ne passe plus par-dessous, à cause des glaces qui s'y sont amoncelées, si bien qu'il y a trois ou quatre lieues de pays noyé tout à l'entour ; le mal continue tous les jours, et tout ce pays-là n'est aujourd'hui qu'un étang glacé, si ce que l'on en rapporte est véritable ^ . Le Roi passa vendredi la Seine sur la glace, à l'endroit de l'Arsenac ; vous pouvez penser à quel jeu il jouoit : il y a beaucoup de marauds qui n'en feroient pas de même. J'ai baillé votre lettre à Beys, qui vous envoyera les livres contenus en votre lettre, mais qu'ils soient venus, ce qui ne peut être que la rivière ne soit dégelée. Je lui dis que quand il vous voudroit écrire, qu'il m'envoyât ses lettres et que je les ferois tenir : il m'a dit qu'il le feroit; mais il n'en a encore rien fait. M. de Riz ' enfin est demeuré premier président de Rouen, M. de Jambeville ' n'ayant pas voulu l'être aux conditions que le Roi vouloit. On dit que le Roi en a refusé trente mille pistoles d'un des présidents de Rouen ' . Il y a des fous de robe longue aussi bien que de courte, et en Normandie comme ailleurs, encore qu'on l'appelle le pays de sapience. Je crains bien que,
3. Le froid sévit avec une extrême rigueur en 1608, et cette année fut pendant longtemps appelée Pannée du grand hiver. Voyez le Mercure français, tome I, p. 229.
3. Alexandre Faucon de Ris, mort en 1628. Il était président au grand Conseil. — Il paya au Roi trente mille écus.