‹ Œuvres complètes;Chapitre 43 sur 436 · A Paris, ce la* novembre · texte numérisé non relu

A Paris, ce la* novembre

Monsieur, si vous avez été quelque temps sans m'écrire, vous m'en avez bien payé l'usure. Je n'en ferai pas de même, non faute d'affection, mais pour n'avoir guère * de matière dont vous preniez plaisir d'être entretenu. La cour est depuis un mois à Fontainebleau, et nous à Paris, Dieu merci. On parle diversement du retour du Roi par deçà ; toutefois je pense qu'il ne reviendra que nous ne soyons près de fêtes : ses exercices sont le jeu et la

Lkttre a4« — ï' Le mot guère est écrit au-dessus de point, qui a été effacé.

- chasse. Monsieur le connétable * y est arrivé, à ce que je viens d'apprendre. Il y a eu trois à quatre maisons fermées à Avon, à cause de la peste, de sorte que Ton a fait déloger la musique du Roi qui y étoit, et les maçons qui travaillent au canal ont été mis à la héronnière. Tout est sain en cette ville, hormis je ne sais quelle petite vérole qui nous a fait mourir trois ou quatre personnes seulement, dont Pardillan, autrement nommé Panjas% est un, et une belle jeune damoiselle nommée la Patrière* est l'autre; le fils du capitaine Gasqui est le troisième. Il y en a eu tout plein de malades; mais tout est guéri. Le flux de sang a eu aussi quelque cours, toutefois* avec peu de dommage. M. de Bressieu en a cuidé mourir, et est encore au lit, mais hors de danger, grâces à Dieu. Pour les affaires de Flandres , on y tient la paix faite ; mais il n'y a rien d'assuré. Mme la marquise de Verneuil est en cette ville, qui, depuis peu de jours, a reçu de notables gratifications du Roi, et entre autres une pension pour M. de Gyé son frère', de dix mille cens, à ce que l'on dit : je le crois malaisément; mais quoi qu'il en soit, il faut qu'elle soit bonne, car il s'en est allé remercier le roi d'Angleterre de celle qu'il lui donnoit, et la lui remettre. M. de Sully est en faveur plus que jamais, et dit-on que si Monsieur le connétable mouroit, il seroit pour avoir sa charge. J'ai été longtemps sans vouloir, non pas croire, mais ouïr cette nouvelle; mais quand je l'ai ouï dire à des personnes qui vont au cabinet, j'ai cru qu'il n'y avoit

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