‹ Œuvres complètes;Chapitre 46 sur 436 · Philippe d'Âgoult, comte de Montlaur. Voyez p. 7, note i · texte numérisé non relu

Philippe d'Âgoult, comte de Montlaur. Voyez p. 7, note i

ployé le reste de votre argent, car je ne me souviens plus du passé. S'il me reste quelque nouvelle à vous dire, le sieur de Florence la vous apprendra , mais voilà tout ce que ma mémoire me fournit, sinon que pour faire que ma lettre soit une vraie gazette , je vous dirai que il y eut vendredi huit jours que le Roi défendit fi Monsieur le Grand et à M. du Bouillon** de recevoir plus page de la chambre qui ne soit Taîné de sa maison. Cela sera observé comme Tordonnance qu'il fit dernièrement que tout le monde, en son absence même, fût tête nue en sa chambre et en son cabinet ; et à une heure de là tout y étoit couvert, jusques aux garçons de la chambre.

Je vous avois dit au commencement de cette lettre que je n'avois que vous écrire, et cependant, sans y penser, je vous ai presque fait un volume, pource que ma mémoire, qui ne se souvenoit de rien au commencement, s'est échauffée sur la besogne ; encore me vient-il de souvenir d'une chose que je veux que vous sachiez, c'est que le marché d'enclore les faubourgs dans la ville est fait, et y commencera-l'on à ce printemps. La besogne est que de deçà on continuera ce qui est commencé hors des Tuileries jusques à la porte Saint-Denis, et du côté de l'Université, depuis le bord de l'eau vis-à-vis des Tuileries jusques à la porte Saint-Victor vis-à-vis de l'Arsenac. Le Roi prête pour cet ouvrage cent mille francs, et on lui en rend deux cent mille d'ici à quatre ans. Il s'est retenu six places, dont il en donne une à Monsieur le Grand, les autres à M. de Bassompierre, M. d'Espernon, M. de Rohan ; il ne me souvient pas de la cinquième ; la sixième, il la réserve pour lui, et s'appellera Bourbon, pource

lo. Henri de la Tour, duc de Bouillon, maréchal de France, premier gentilhomme de la chamhre, mort le a5 mars i6a3, à soixantesept ans.

que, en bâtissant le Louvre, le Bourbon ** qui est devant la porte sera mis bas. Saint-Nicolas et Saint-Thomas du Louvre seront transportés là , pour raser cet espace d'entre le Louvre et les Tuileries. Adieu, Monsieur; je ne me puis taire quand je parle à vous; aimez-moi, car je suis votre serviteur très-humble et très-a£fectionné.

a8. — Paris, ce 8* de mars'.

Monsieur, vous n'eûtes point de mes lettres par ce dernier messager qui est allé en Provence, pource que j'attendois toujours le paquet de M. Beys, qui n'arriva qu'après qu'il fut parti. J'ai déjà répondu à votre lettre que vous m'envoyâtes par M. Boyer*; mais de celle de ce capitaine Tassi *, dont vous me parlez, je ne sais que c'est : ce n'est pas que mon logis ne soit fort aisé à trouver ; mais la fortune m'a voulu ôter cette occasion de vous sei'vir. Je m'informai à tous les Provençaux de cet homme, et enfin je trouvai M. de Boyer en la chambre de la Reine, qui me donna des nouvelles de son logis; mais le lendemain, comme j'y envoyai, il étoit parti. J'ai reçu votre lettre de change, que j'ai baillée à M. Beys après l'avoir fait obliger*, selon ce que vous me mandiez. Son homme et moi fûmes trouver M. Vanel* , qui demeure

1 1 . Le château appelé le Petit-Bourbon , du côté de Saint-Germain l'AuxeiTois, ne fut démoli que sous Louis XIV.

Lettre 28. — i. Bien que cette lettre composée de deux feuillets porte sur l'adresse : A Monsieur de Calas, son contenu prouve qu'elle est destinée à Peiresc. Malherbe y avait probablement joint une autre lettre au père de Peiresc, M. de Calas, qui venait de perdre son frère.

3. Jean-Baptiste de Boyer, conseiller au parlement de Provence, neveu de la femme de Malherbe. Voyez tome I, p. xun.

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