C'est-à-dire pour les préséances
manda congé au Roi, mais avec protestation qu'il y étoit résolu*'. Le Roi lui offrit la continuation de sa pension hors du royaume, pour un gage, à ce qu'il dit, qu'il continueroit d'être son ami. Don Jouan lui répondit qu'il n'en vouloit autre gage que sa parole, et promit au Roi que toutes fois et quantes qu'il auroit besoin de son service, il le.viendroit trouver, et que jamais il ne serviroit ses ennemis. Il est parti aujourd'hui sur le midi. Monsieur le Grand a eu son logis en don du Roi : c'est l'hôtel de Chalons *^, qui est une des belles maisons de Paris. On ne sait point l'occasion du partement du sieur don Joan ; mais tous croyent que c'est du déplaisir qu'il a de voir le sieur Conchin tant favorisé, et qu'il se fâcha que la Reine fût allée à son baptême, et que, tant que le Roi fut à Chantilly, elle n'alla jamais chez lui voir la comédie, comme elle lui avoit promis. Vous avez su comme M. le comte de Moret a été légitimé", il y a environ trois semaines ou un mois; aussi a été Mlle Jeanne de France", fille de Mlle de la Haye. La mère et la fille s'en vont à Frontevaux*^ attendre la vacation d'une abbaye que le Roi leur a destinée. Elle s'est un peu piquée de ce que le Roi est parti sans lui dire adieu :
1 1 . Le brusque départ de Jean de Médicis eut Heu à la suite d'iuie querelle avec Concini. Nous ne savons quel était le chiffre de sa pension, mais l'année précédente, au mois de mai, le Roi lui avait fait payer par Sully une somme de trente-six mille livres. Voyez le Recueil des lettres missives de Henri IV ^ tome VII, p. a45.
12, « Les anciens pairs de Cliàlons, dit Sauvai, avoient leur Hôtel à la rue Trousse-Nonain , entre la rue Court-au-Villain et la rue Chapon, s Bellegarde, en 1612, acheta l'hôtel de Montpensier (rue de Grenelle), qu'il fit rebâtir de fond en comble par du Cerceau,
i3, Antoine de Bourbon, né en 1607, fils du Roi et de la comtesse de Moret,
14. Jeanne -Baptiste de Bourbon, coadjutrice de Fontevrault, morte en 1670.
i5. Fontevrault.
sa faveur a été de courte durée. Je sais bien qu'il y a d'autres nouvelles; mais il ne m'en souvient pas, et ce sont là les principales. Vous en ferez part, s'il vous plaît, à Monsieur le premier président , car je m'endors. Il n'y a moyen que je lui écrive, ni à M. du Périer, et puis on nous dit qu'il est par les chemins, pour accompagner son cabinet. Par la première commodité je serai plus diligent. Vous ferez beaucoup si vous pouvez lire cette lettre, étant si mal écrite comme elle est; mais excusez-m'en, une autre fois je ferai mieux peut-être et peut-être pis; mais toujours je serai votre plus humble et très-affectionné serviteur,
Fr. de Malerbe.
M. de Guise est à Fontainebleau depuis lundi, à ce que l'on m'a dit; il est très- vrai qu'il est arrivé.
3o. — A Paris, ce ao* avril.
Monsieur, puisque vous avez ici M, de Valavez*, votre frère, il me déchargera de vous écrire des nouvelles. Il est assez curieux pour s'en acquitter dignement, et certainement je ne crois pas qu'il soit bien aisé de vous rien mander qui en vaille la peine. Cela me garde d'écrire à Monsieur le premier président. Il y a trois ou quatre jours que le voyage de Provence fut résolu à Fontainebleau ; mais avec tout cela je ne le crois non plus qu'auparavant. Je voudrois bien que la cour m'y menât; nous verrons ce* qui en sera. Continuez de m'aimer, je vous
Lettbk 3o. — I. Palamède de Fabri, sieur de Valarez, frère puîné de Peiresc. Il épousa une fille que la seconde femme de son père avait eue d'un premier mariage.