Ce est dans l'interligne
Malherbe, ni 5
en supplie , Monsieur, et de me tenir pour votre trèshumble etitrès-aiFectionné serviteur.
3i. — A Paris, ce i4* de mai.
Monsieur, M. de Valavez me vient d'avertir de cette commodité de vous écrire ; je n'ai de quoi, mais c'est assez que je témoigne le désir que jai que vous me conserviez en vos bonnes grâces. Le Roi s'en retourna vendredi dernier à Fontainebleau, après avoir été ici sept ou huit jours. Il parle toujours du voyage de Provence, mais je ne le crois pas. Adieu, Monsieur : aimez toujours votre très-humble et très-affectionné serviteur.
Sa. — Paris, ce lundi a 5* de mai*.
Monsieur , je vous ai dit que je me remettois sur M. de Valavez de vous écrire des nouvelles; c'est la meilleure excuse que je saurois trouver à ma paresse ; toutefois je ne laisserai pas de vous dire le peu que j'en sais. Nous avons été jusqu'ici en doute du nom du dernier fils du Roi^; mais hier Sa Majesté, dans la galerie, dit tout haut que certainement elle avoit douté comme elle le feroit appeler, et qu'elle avoit été de quelque opinion qu'on le nommât prince de Navarre, mais que par l'avis de ceux à qui il en avoit communiqué, elle s'étoit résolue qu'il fût appelé M. d'Anjou, et ajouta à cela que sa pre-
Lettrb 32. — I. Cette lettre a disparu du manuscrit de la Bibliothèque impériale. Nous l'avons coUationnée sur le manuscrit Fortia.
a. Celui qui fut plus tard Gaston duc d'Orléans,
mière considération étoit le bien de son royaume, et qu'il ne vouloit laisser aucun prétexte de troubler son aîné. On lui apporta eu même temps un grand tableau où étoit peint l'artifice de moulinet pour le battement de monnoies et médailles ' ; et lui disant que la place de l'île du Palais où il travaille étoit trop petite, il en promit une plus grande. Celui même qui lui présenta ce tableau lui présenta aussi une vingtaine de pièces d'or et d'argent : entre autres, il y avoit des pièces de quarante sous, d'autres de quatre livres, des écus d'argent, des pièces d'or de quatre écus, d'autres de deux : celles qui pouvoient porter une inscription en leur circuit en avoient une ; mais j'oubliai à regarder que c'étoit. Les autres avoient des dents comme une faucille pour empêcher la rognerie.
Je vous envoyé un méchant sonnet* que je donnai au Roi, lequel il estima plus que son mérite; vous le ferez voir, s'il vous plaît, à Monsieur le premier président. Je suis trop pressé pour en faire plus d'une copie, ni pour vous écrire davantage ; ce sera pour la prochaine occasion. Adieu, Monsieur : si vous ne m'aimez, vous n'aimez point l'homme du monde qui est le plus votre trèshumble et très-affectionné serviteur,
Fr. de Malerbe.
Je vous envoyé une lettre de M. du Monstier qui est fort en peine d'une caisse dont vous lui avez fait mention dans une de vos lettres, laquelle il n'a pas reçue.
3. Malherbe veut probablement parler du mécanisme du balancier qui, après avoir été adopté sous Henri II, fut abandonné comme trop coûteux sous Henri III, et ne fut repris que sous Louis XIII.