Bouc, près d'Aix
12. Malherbe a mis cette idée en vers : voyez tome I, pièce cxvn, strophe i, p. 3ii,
LETTRES A PETRESC. 75
1er. Je sais bien que, vous autres .jeunes gens, vous moquez des passions des pauvres quinquagénaires, et pensez qu'en cet âge-là on ne se doit plus mêler que de dire son chapelet; quand vous y serez arrivés", vous en parlerez d'autre façon. Une bien grande et belle princesse, au commencement que je vins en cette cour, me voulant persuader que je fisse l'amour, afin que j'eusse un sujet de faire des vers, je m'en excusai le mieux que je pus; mais elle me ferma la bouche par l'exemple du maître, et me dit que tant que le Roi s'en mêleroit, je ne m'en pouvois dédire. Cette raison, que je pris en payement, doit servir pour M. Gassagne; et puis, ayant été si heureux que de faire garder la mule à Messieurs les cardinaux, et dans Rome, c'est-à-dire sur leur fumier, du temps qu'il se mettoit au balcon, habillé des besognes de nuit** de la signora Sperancilla, il a quelque sujet de tenter encore ce qui lui a si bien réussi . Il me reste trop peu de papier pour en parler selon la dignité du fait** ; ce sera, s'il plaît à Dieu, pour notre première vue.
J'oubliai , par ma précédente , à vous remercier de la copie que vous m'avez envoyée de la lettre que M. le premier président du Vair a écrite à Mme la marquise de Montlaur ; je le fais par cette-ci de tout mon cœur ; elle est digne du lieu d'où elle est partie. C'est en peu de paroles dire tout ce qu'une feuille entière d'autres louanges ne seroit pas capable de comprendre. Je ne lui écris point, pource que, n'ayant point de nouvelles, je n'ai point de matière. L'offre de mon affection est trop ordinaire pour en faire cas ; elle lui est pourtant extraordinairement acquise, et à vous aussi. Monsieur, je le vous
i3. Malherbe avait mis d'abord : « quand vous en serez là. » i4« C'est-à-dire de la toilette de nuit.
i5. Fait est en interligne. Malherbe avait d'aboi'd écrit ele la matière.
• jure, et vous baise bien humblement les mains. Pardonnez à cette longueur; je ne me sépare pas volontiers d'une compagnie qui m'est agréable.
Votre plus humble et plus affectionné serviteur,
Fr. de Malerbe.
Cette lettre auroit bien besoin d'être récrite, mais elle est trop longue; je vous en ** crie merci.