‹ Œuvres complètes;Chapitre 67 sur 436 · A Paris, ce ai* de mars · texte numérisé non relu

A Paris, ce ai* de mars

Monsieur, j'ai reçu une lettre de vous il y a environ dix ou douze jours; c'est tout depuis six mois. Je veux bien que le messager de Toulon en ait perdu une autre ; mais quand elle seroit venue jusques à moi, ce ne seroit pas grande excuse à votre nonchalance. Recevez mes plaintes comme témoignages de mon affection. Si je ne desirois la continuation de votre amitié, je m'en fusse tu, comme de chose indifférente. J'aurai ma raison de votre paresse, quand M. de Valavez sera retom'né vers vous; car alors si vous voulez savoir des nouvelles, il faudra passer par mes mains, et Dieu sait comme je me saurai venger de votre silence. Marc- Antoine vous fera voir des vers que j'ai faits pour le ballet de Madame * . Il se doit danser à Saint-Germain de jeudi prochain en huit jours. La Reine vient présentement de partir pour s'en aller à Notre-Dame de Chartres. Le Roi est à Chantilly depuis lundi; ils se doivent trouver, vendredi qui vient, à Ennet, et de là s'en revenir à Saint-Germain, d'où ils viendront à Paris reprendre le chemin de Fontainebleau. Quand vous serez plus diligent, j'en ferai de même; pour cette heure vous ne saurez que cela, et que toute ma vie je serai votre très-humble serviteur.

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