‹ Œuvres complètes;Chapitre 71 sur 436 · Mai · texte numérisé non relu

Mai

Monsieur, jusques ici je me suis plaint de votre paresse, pource qu'elle me privoit de vos lettres ; mais à ce sujet, Monsieur le premier président en a ajouté un autre : c'est que, comme si j'étois quelque archétype* de poltronnerie, il croit que par une transpiration imperceptible, je la vous aye communiquée en cinq ou six mois que j'ai eu le bien que nous ayons vécu* ensemble. Ayez soin de votre honneur et du mien, et ne me pensez pas faire croire que le Palais soit une occupation qui n'ait point d'intervalles. Jusques ici vous n'avez eu que faire de moi , pource que M. de Valavez vous donnoit des nouvelles du monde, et par ce moyen vous rendoit mon service inutile; mais à cette heure, son absence vous fera par force recourir à moi , qui ne serai diligent que tout autant que vous le serez et ne vous écrirai jamais de

i5. Ce mariage fut célébré le i5 septembre 1609.

16. Isabelle d'Halluj-n, femme de Arnauldde Villeneuve, marquis des Arcs, député de la noblesse de Provence aux états généraux de 161 4, mort à Paris le i4 décembre de la même année.

17. C'est-à-dire sa mère, Chrétienne d'Aguerre. Voyez lettre 41, p. 81, note 5.

18. Ce dernier paragraphe n'est point écrit de la main de IVIalherbe. Lettre 44. — i. La date nous est donnée par la cote mise au

dos de cette lettre par Peiresc.

a. On peut douter si l'autographe porte archétype ou architjrpe.

seconde lettre que je n aye la réponse de la première. Je ne sais pour cette heure que vous mander, pource que la cour est à Fontainebleau; et quand j'y serois, il y a aussi peu de nouvelles qu'à Paris. Le mariage de Monsieur le Prince s'est fait avec peu de frais, mais avec bien de la gaieté. Monsieur le connétable et Madame d'Angoulême ' y ont dansé : jugez par là comme la débauche y a été grande. Toutes les dames sont de retour depuis quatre ou cinq jours, je veux dire Madame la Princesse et Mmes les princesses de Condé et d'Orange, elles s'en vont cette semaine prochaine à Fontainebleau. Les noces de M. de Vendôme se doivent faire dans trois semaines ou un mois. L'on croit qu'il s'y fera quelque galanterie ; mais il n'y a rien de certain. L'on lient que la Reine est grosse de trois mois; toutefois elle veut encore que l'on en doute. Nous ne saurions avoir trop d'enfants d'une si bonne race : Dieu la multiplie à l'infini! Je m'assure que vous le desirez aussi bien que moi. Je voudrois bien vous entretenir plus longtemps ; mais au bout de l'aune faut le drap : je n'ai plus de matière, et vous savez bien que de rien il ne se fait rien. Adieu donc. Monsieur; continuez d'aimer votre serviteur très-afifectionné à jamais,

Fr. de Malekbe.

Je vous prie de faire voir à M. de la Ceppède que je suis son très-humble serviteur.

3. Diane de France, fille légitime de Henri II, duchesse d'Angouléme, veuve, depuis 1679, de François de Montmorency, fils du connétable Anne, morte en janvier 161 9, à quatre-vingts ans.

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